Chronique

Foot africain ? Non, merci.

Dans «La chance d’une nouvelle page pour le football malgache», Chronique du 17 mars 2017, j’écrivais ceci : «Un Malgache élu à la tête de la CAF (Confédération africaine de football). Et pourtant, je me pose toutes sortes de questions. À commencer par celle-ci : pourquoi ne partagé-je pas l’enthousiasme de circonstance ?»
C’était l’époque où, prévue se tenir dans la Grande île, du 2 au 16 avril 2017, la Coupe du Monde des moins de 17 ans (U17), avait été retirée à Madagascar pour impréparation. C’était l’époque, 31 octobre 2002, où un match s’est terminé sur le score de 149 buts à zéro sans que personne ne mette un terme au ridicule avant les 90 mn réglementaires.

Dans l’enthousiasme général, je concluais sarcastiquement : «Mais, bon, comme à une certaine époque, je préconisais qu’on exporte nos indéboulonnables élus et nos multi-récidivistes de la reconversion rapide et durable, afin qu’ils aillent se recycler dans quelque lessiveuse internationale, sans doute faut-il espérer que le «tournant historique», qu’on prédit pour le football africain, soit surtout la chance d’une nouvelle page pour le football malgache».
Certes, on peut simplement exulter avec la qualification de Madagascar pour la CAN 2019. Mais, Madagascar a terminé deuxième de sa poule, loin derrière l’intouchable Sénégal. Et Madagascar ne figure même pas parmi les trois «meilleurs deuxièmes», se qualifiant grâce à l’élargissement de la phase finale à 24 équipes (au lieu de 16), décidé en juillet 2017.

D-Day, le 6 juin 2019 : on apprend l’interpellation par la police française anti-corruption du Malgache Ahmad, actuellement donc à la tête de la Confédération africaine de football. Il a été relâché sans poursuites, mais depuis le mois de mars, une enquête a été ouverte par la commission d’éthique de la FIFA (Fédération internationale) suite à une plainte déposée par l’Égyptien Amr Fahmy, secrétaire général de la CAF qui a été limogé en avril 2019.

Cette annonce aura au moins eu le mérite d’attirer mon attention sur les pratiques dans le football en Afrique. Et qu’est-ce que j’y apprends ? Que fin novembre 2018, le comité exécutif de la CAF a décidé, à l’unanimité, de retirer au Cameroun l’organisation de la CAN 2019 qui lui avait été attribuée quatre ans plus tôt. Que, dans la foulée, Ahmad, président de la CAF, a écrit au Président de la République du Cameroun pour lui «promettre» l’organisation de la CAN 2021 pourtant déjà accordée à la Côte d’Ivoire qui, va probablement porter plainte devant le Tribunal arbitral du sport, contre des «méthodes cavalières et discourtoises».
Que le 31 mai 2019, l’Espérance Tunis (Tunisie) avait été sacrée champion d’Afrique après 60 mn de jeu et 90 mn d’interruption, lors de la finale retour contre le Wydad Casablanca (Maroc) : les joueurs marocains avaient quitté le terrain quand leur égalisation avait été refusée et qu’on leur a déclaré que la VAR (assistance vidéo) était en panne. À l’aller, il y eut un match nul, mais surtout un arbitrage dont la médiocrité a entraîné la suspension pour six mois de l’arbitre central. Mais, voilà que le 5 juin 2019, la CAF décide d’annuler le titre (malgré la remise du trophée et la distribution des médailles) et de faire rejouer la finale retour sur terrain neutre. La Fédération tunisienne a annoncé vouloir saisir le tribunal arbitral du sport, tandis que volèrent des grands mots comme «mascarade», «farce», «corruption»…

Qu’en août 2016, lors des éliminatoires à la Coupe du Monde 2017 des moins de 17 ans, le Nigéria avait vu 26 de ses 60 joueurs exclus pour tricherie sur l’âge, dévoilée par un test IRM : l’Imagerie à Résonance Magnétique permet, à travers un test d’ossement, de déterminer l’âge d’un être humain. Dans ces conditions, que vaut la victoire du Nigéria à la Coupe du Monde U17 de 2015, pour ne pas citer celles de 2013 et 2007 ? Un autre test IRM, en septembre 2018, lors des éliminatoires de la CAN 2019 U17, a permis d’exclure le Bénin : onze joueurs avaient triché sur leur âge, deux en avaient 20, d’autres 27… Tout récemment, en avril 2019, pendant la CAN des U17 en Tanzanie, un Guinéen, deux Tanzaniens et trois Camerounais furent encore épinglés par l’IRM.

L’ancien goal égyptien, Essam El Hadary, qui, à 45 ans, est le plus vieux joueur à avoir participé à une Coupe du monde (2018), résume bien toute l’histoire, entre fiasco, imbroglio, combinazione : «L’Afrique vit toujours dans un monde isolé de la planète Terre».

Suffisamment de raison pour ne m’intéresser qu’à la seule vraie Ligue des Champions : celle de l’UEFA qui voit s’affronter régulièrement les plus grands clubs historiques (Real Madrid, FC Barcelone, Liverpool, Manchester United, Bayern Munich, Juventus Turin, Ajax Amsterdam et au choix Inter/Milan/Porto) composés des meilleurs joueurs du monde, top footballeurs de tous les pays.

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