Magazine

Bemiray – Aéronautique – Quel avenir pour le Boeing 737 Max ?

Le crash du B737 Max d’Ethiopian Airways est le second de la série et a suscité de nombreuses réactions virulentes dans le milieu de l’aviation civile internationale.

Entre le crash des deux Boeing 737 Max du Lion Air Light en Indonésie en octobre 2018 et d’Ethiopian Airlines à Addis-Abeba au mois de mars, d’une part, et d’autre part, le génocide rwandais de 1994 et l’opération Turquoise des forces françaises, la chronique de Tom Andriamanoro aurait pu laisser le lecteur sur une impression de désolation. Mais elle s’est aussi penchée sur l’histoire du peuplement du Brésil et la liesse créée par le Boucan créole réunionnais.

Le crash du B737 Max d’Ethiopian Airways est le second de la série et a suscité de nombreuses réactions virulentes dans le milieu de l’aviation civile internationale.

Air Madagascar a toujours été un fidèle du Boeing 737, pour son réseau international, régional et les grands axes de son réseau intérieur. Ce type d’appareil a toujours donné entière satisfaction, et la Compagnie ne s’est pas précipitée pour lui trouver un remplaçant dans la même série. Ce n’était finalement pas une mauvaise chose. Sa nouvelle version « high tech » est, en effet, le B737 Max, jugé plus performant et moins gourmand en kérosène. La superstition voulant que la loi des séries se soit toujours vérifiée en matière d’aviation, on peut être tenté d’y chercher l’explication du crash du B 737 Max de Lion Air en Indonésie, et de celui d’Ethiopian Airlines à Addis-Abeba, et ce, à seulement quelques mois d’intervalle. Les similitudes sont trop flagrantes et semblent bel et bien relever des mêmes défaillances dans le fonctionnement des équipements, pour qu’on s’attarde sur le mauvais sort. Deux questions se posent actuellement sur cet appareil et se rejoignent : le Boeing 737 Max, dans ses différentes versions, est-il réellement au point ? Sa certification par la Federal Aviation Administration (FAA), l’autorité américaine de régulation du transport aérien, s’est-elle faite dans les normes ?

Il est permis d’être sceptique. Pour le Seattle Times, un journal de la ville même où est implanté le siège de la Boeing Company, les responsabilités de la FAA et de Boeing dans ces catastrophes qui ont fait 189 morts pour la première et 157 pour la seconde, sont bel et bien engagées. L’évidence même. La FAA, prétextant un manque de ressources, aurait en effet pris l’habitude de déléguer aux techniciens de Boeing une partie du travail de certification qui lui incombe. Il en résultait une situation totalement surréaliste, inconcevable à un tel niveau : devenu juge et partie, Boeing certifiait ses propres appareils ! La Frankfurter Algemeine Zeitung, de l’autre côté de l’Atlantique, accuse, elle aussi, ce qu’elle appelle « une trop grande proximité entre un constructeur et une autorité de régulation chargée de contrôler la qualité de sa production », ne peut qu’être lourde de conséquence pour la sécurité du transport aérien.

Boeing est entré dans cet « arrangement » car pour l’avionneur américain, chaque jour qui passe, pouvait peser très lourd : le développement du 737 Max accusait déjà neuf mois de retard sur son concurrent européen, l’Airbus A.320. C’est donc le business et la finance qui reprenaient leurs droits au détriment de toute autre considération. Le crash d’Ethiopian a empiré les choses pour Boeing. L’action en bourse d’Airbus avait alors grimpé en flèche tandis que la sienne perdait en deux jours 11% de sa valeur, ce qui représente plusieurs dizaines de millions de dollars. S’y sont ajoutées les décisions de fermeture d’espaces, prises par l’Union Européenne, la Chine, l’Inde, et d’autres pays. Seuls les États-Unis et le Canada continuèrent à faire voler le B737 Max au nom certainement de la solidarité nord-américaine en toutes circonstances…

Trois mille cinq cents exemplaires
Pour comprendre ce qui est en jeu, il faut savoir que le programme 737 représente 80% du carnet de commandes de Boeing, soit l’équivalent d’un peu moins de cinq mille appareils destinés dans leur majorité à des pays émergents. Dans la seule usine de Renton, dans l’État de Washington, douze mille personnes travaillent à l’assemblage du 737 Max. Cet appareil est prévu contribuer à concurrence de 40%, aux bénéfices du constructeur. Jusqu’à aujourd’hui trois mille cinq cents exemplaires ont déjà été livrés sur tous les continents.

Ethiopian Airlines est la plus grande compagnie aérienne d’Afrique Noire, avec sa flotte de plus de cent appareils. Larmes et colère, les familles ont dû attendre plus de quinze heures avant que les responsables de la Compagnie ne les informent qu’il n’y a aucun survivant, et terminent par la formule rituelle : « Seul le contenu des boites noires déterminera les circonstances exactes du drame ». Elles ont été envoyées en France pour décryptage, leur verdict est toujours attendu. Malgré le choc émotionnel les statistiques sont formelles, l’avion reste le moyen de transport le plus sûr.

Le président indonésien Joko Widodo suit de près les recherches entreprises pour trouver
des épaves du B737 Max du Lion Air Flight et récupérer ce qui reste de son contenu.

Rétro pêle-mêle

Le « Boucan créole » est une de ces fêtes hautes en couleurs et en joie comme La Réunion aime bien les vivre. Pour l’édition de décembre 2008, Madagascar a envoyé une délégation lourde multidisciplinaire avec de grands noms allant de l’artisanat à l’art tout court et à la culture. On y a notamment remarqué le guitariste Damily, considéré comme l’un des maîtres du Tsapiky, ainsi que les danseurs Disaraga du chorégraphe Saraela Ramparany. La poétesse Ny Eja, parolière attitrée de nombreux grands de la chanson malgache était aussi du voyage, de même que le ferronnier d’art Dieudonné, dont les ateliers à Ambohimanambola sont devenus incontournables pour les décorateurs d’intérieur et les touristes qui y arrivent par cars entiers durant la haute saison.
Pour sa part, le Délégué général de l’Office national malgache des arts et de la culture (OFNAC) Julien Rakotonaivo a animé des conférences-débats mettant surtout en exergue l’histoire commune des deux îles. Cette histoire a, par exemple, retenu qu’après la révolte des tribus de l’Anosy en 1674, les Français de Fort-Dauphin émigrèrent à l’Île Bourbon avec des femmes malgaches pour y faire souche.

La population brésilienne est l’une des plus hétéroclites du monde.
Le mannequin et actrice Sabrina Sato est d’origine russo-japonaise.

Monde – Le Brésil, un grand pays d’immigration

En raisonnant en termes de types humains, quel trait d’union pourrait-on établir entre le roi Pelé, son successeur Neymar, et l’ancien pilote de Formule Un, Ayrton Senna ? A priori aucun, et pourtant ils sont tous brésiliens « fiers de l’être » ! Au recensement de 2013, la population du Brésil était de 200 millions d’habitants, ce qui le place au cinquième rang des pays les plus peuplés du monde. Mais cette population est aussi une des plus diversifiées sur le plan ethnique, car formée dans sa majeure partie d’apports extérieurs venus de tous les horizons au fil des siècles.

Jusqu’en 1888, le pays a importé plus de huit générations d’esclaves noirs originaires d’Angola (73%), du Mozambique (17%), et d’Afrique de l’Ouest (10%). Les premiers Européens arrivés au Brésil furent les Portugais en 1500. En deux siècles, leurs immigrants atteignaient l’effectif de 700 000. Beaucoup se marièrent avec des Amérindiennes et des Africaines, donnant naissance à des générations très hétérogènes. Dans les années 1870 et 1880, les arrivées européennes se chiffraient à 100 000 par an dont, en priorité, des Portugais et des Italiens. D’autres nationalités leur emboitèrent le pas, venus d’Europe du Nord, du Centre et de l’Est. De la fin du XIXe siècle au milieu du XXe siècle, on vit arriver de forts contingents de Suisses et d’Allemands, ces derniers s’installant dans les États du Rio Grande, de Santa Catarina, de Parana, où ils imprimèrent fortement leur empreinte, baptisant certaines villes de noms allemands comme Novo Hamburgo ou Blumenau. Ces arrivées massives venues d’Europe influèrent sur la composition de la population, puisque les descendants d’Européens sont aujourd’hui le premier groupe ethnique brésilien, devant les métis et les afro-brésiliens.

Au classement des grandes « diaspora », si l’on peut appliquer ce terme aux descendants d’immigrés, l’Italie se trouve en tête avec trente millions de membres, représentant 15% de la population brésilienne. Le Brésil est même le plus grand pays « italien » après l’Italie elle-même, avec une très forte concentration à Sao Paulo. Une de leurs célébrités est Felipe Scolari qui fut entraineur de la Seleçao. Le Liban et la Syrie comptent deux millions de ressortissants. Ce sont dans leur majorité des descendants de chrétiens arrivés au début du XXe siècle. Parmi leurs célébrités, on pourra citer Michel Temer, ancien président de la République. L’Allemagne compte environ cinq millions de descendants d’immigrés, ce qui fait du Brésil la troisième plus grande communauté allemande après l’Allemagne et les États-Unis. Parmi ses célébrités on retiendra Oscar Niemeyer, architecte-fondateur de Brasilia, et Eik Batista, septième plus grosse fortune mondiale en 2012. Le Japon est très présent dans la ville de Sao Paulo où on appelle ses originaires les « Nippo-brésiliens ». Sabrina Sato, mannequin et actrice connue, est d’origine japonaise et suisse. La France compte environ un million de personnes dont Hercule Floren qui fut le pionnier de la photographie au Brésil. Ce chiffre fait du Brésil le deuxième pays d’émigration française en Amérique latine après l’Argentine. Les Juifs qui sont un peu moins de deux cent mille méritent également d’être mentionnés, avec Eduardo Saverin qui fut le co-fondateur de Facebook aux côtés de Mark Zuckerberg. La répartition actuelle de la population est la suivante: Blancs 47,3%, Métis 43,1%, Noirs 7,6%, Asiates 2,1%, Amerindiens 0,3%.

Il est impensable de parler du Brésil sans y mettre une touche footballistique. Avec son équipe qui a toujours été multiethnique, le Brésil est la seule nation à avoir remporté cinq fois la Coupe du Monde. Il s’agit de celles de 1958, de 1962, de 1970, de 1994, et de 2002. La légende Pelé est aussi le seul joueur de l’histoire du football à en avoir gagné trois. GOAAAAAL !!!

La commémoration du génocide rwandais de1994, s’est traduite
par une cérémonie funèbre, au Nyanza Genocid Memorial à Kilgali, le 4 mai.

Histoire – La France, le Rwanda, et le génocide

Le crash du Falcon 50 du président Juvenal Habyarimana, le 6 avril 1994 a-t-il été le facteur déterminant ayant déclenché le génocide rwandais ? Le dossier était tellement sensible que les Nations Unies ont préféré assurer un service minimum avec une enquête en demi-teinte consignée dans un petit rapport de trois pages. Le procureur du Tribunal pénal international jusqu’en 1999, a toujours refusé de se saisir de cette affaire. Seul le juge français Jean-Louis Bruguière voulait repousser toutes les limites, creusant un peu plus le fossé entre les approches européennes et africaines.
« L’Afrique n’a pas de leçon à recevoir de Paris », disait-on alors sur le Continent. Il est vrai que les Rwandais avaient aussi des comptes à demander à la France, concernant notamment la passivité de ses militaires de l’opération Turquoise dans le génocide. Pour la commémoration de la tragédie en cette année 2019, la France n’a envoyé pour la représenter qu’un député d’origine rwandaise. Du jamais vu dans les annales de la diplomatie.

Un soldat des forces française de l’opération Turquoise salue des jeunes hutu du village de Murutu.

Lettres sans frontières – Mama Maria

KO-QUERI-KOO, chante le roi de la basse-cour
Les ténèbres règnent pourtant encore.
Mais il sait qu’elle arrive, la boule aux rayons dorés.
La nuit, comme pour défier ce chant, devient encore plus noire.
Mais déjà la boule, de sa cachette, envoie ses éclaireurs.
Rassuré, le roi, de sa plus belle voix, entonne son second chant.
Comme pour rappeler à son harem sa vigueur,
Il bat avec frénésie les ailes.

La naissance du jour ! Phénomène quotidien de la vie
Mais mystère profond du pouvoir parfait qui anime les astres …

Mama Maria, comme d’autres braves femmes du village,
Attendait avec impatience le chant du coq.
Oubliée la dure journée de labeur d’hier !
Ressourcée, elle sort allègrement de son lit.
Fredonnant son cantique préféré, elle s’active à la cuisine.
À la première lueur du jour, alerte,
Elle prend le chemin du champ.
Dans son panier sa houx, sa calebasse d’eau et sa semence.
Sur son chemin, Maria contemple ce matin de début de saison
Au fond de la vallée, comme une vierge à l’approche de l’époux,
La rivière se couvre timidement avec un tapis de coton blanc.
Les pigeons en bande vont d’une plantation à l’autre.
Au flanc de la colline, une biche matinale broute.

Le Cercle de Vie : sans début, sans fin.
L’éternel recommencement de la vie : éternellement la vie.
Coucher du soleil à l’Ouest, lever du soleil à l’Est.
Mort de la graine, naissance de la plante.
Printemps, Eté.
Feuille dite morte, humus nourricier.
Pluie, vapeur d’eau,
Vapeur d’eau, pluie.

Toute mort est une naissance, toute fin un début.
Éternellement la vie : Mort, où est ton aiguillon ?

Commenter

Ce formulaire recueille votre nom et adresse e-mail afin que nous puissions valider votre commentaire. Veuillez consulter notre politique de confidentalité afin de prendre connaissance sur la façon dont nous protégeons vos informations.
Je consens à ce que L'Express de Madagascar collecte mon nom et email..

Cliquez pour commenter