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Editorial

Coronan le barbare

On dirait une scène de film avec les loubards de la ville. Antsirabe a vécu une nuit agitée jeudi avec des tentatives de pillage et de destruction d’édifices publics. Le mécontentement des commerçants de bord de rue sommes de quitter leur place à 14 heures selon une note du gouverneur de Vakinankaratra, a été mis à profit par une armée de pilleurs. Le nouveau gymnase de Vatofotsy qui abrite le CTC-19 d’Antsirabe ainsi que la future université en chantier ont subi des dégâts. Du vandalisme pur et dur. Il est bien évident que ce ne sont pas les petits commerçants qui ont voulu saccager le CTC-19 et l’université. Les choses sont devenues politiques dès lors qu’on s’attaque à des réalisations du pouvoir actuel. Il ne pourrait pas être fortuit que les manifestants aient ciblé ces deux bâtiments. En tout cas on ne peut que condamner avec la dernière vigueur de tels actes.

Les crises politiques successives depuis 1972 ont assez fait de dégâts qu’il ne faut plus en rajouter. On a perdu patrimoine et monument et on a mis du temps pour les restaurer. On ne va pas passer le temps à incendier puis à reconstruire à tous les coups. C’est d’autant plus inepte que les deux bâtiments visés vont servir la population et non pas les dirigeants. Quelle que soit l’antipathie qu’on peut avoir vis-à-vis des autorités, détruire et saccager des biens publics reste inadmissible.

En outre, comment peut -on combattre la maladie du coronavirus si on détruit les hôpitaux, si on s’attaque à l’ambulance. C’est une débilité de vouloir montrer son désaccord avec les autorités en s’en prenant aux biens communs.

Ceci dit, les mesures prises pour la lutte contre la Covid-19 doivent aussi tenir compte des réalités sur place. On veut bien prendre des mesures mais il ne faut pas qu’elles aient l’air d’un supplice pour la population. On sait très bien que la région du Vakinankaratra est à vocation agricole à défaut d’être industrielle étant donné que le groupe Socota reste la seule unité industrielle de la région. Du coup, la vente directe des fruits et légumes reste la principale source de revenu de la population. L’empêcher de s’adonner à cette activité équivaut à lui infliger la peine de mort. Et mourir pour mourir, elle préfère tomber dans les bras de coronan le barbare que de mourir bête faute de nourriture.

Les mesures restrictives ne doivent pas être excessives et de nature à créer un malaise social. Le cas d’Antsirabe n’est pas aussi grave que celui d’Analamanga pour qu’on prenne des mesures radicales. C’est là que le gouverneur aurait dû réfléchir avant de prendre cette décision qui s’est avérée incendiaire.

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