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Marofoto – Réinsertion des détenus par la lecture

Judith Rabesarisoa, éducatrice spécialisée d'administration pénitentiaire.

Les éducateurs chargés de la réinsertion sociale des détenus privilégient la lecture des livres à la prison de Marofoto. Cinq d’entre eux ont même publié un recueil de poèmes.

Familiariser les détenus à la lecture. C’est un des objectifs du service de la réinsertion sociale de la Maison centrale de Marofoto de Mahajanga, à travers la mise en place d’une bibliothèque, ce depuis cinq ans. Cette section organise des activités pour la réinsertion sociale des prisonniers, comme des animations littéraires, des rencontres sportives et des ateliers de création.
Huit éducateurs s’occupent des mille six cents détenus (hommes, femmes et mineurs). Des emplois du temps sont établis pour leur permettre d’avoir accès à la lecture. « Nous procédons également à une lecture tournante à travers une malle de livres. Deux cents à cinq cents ouvrages circulent au niveau des quartiers de la prison. Les prisonniers peuvent commander des livres et chaque soir, ils les rendent aux pères éducateurs », explique Judith Rabesarisoa, éducatrice spécialisée d’administration pénitentiaire.

Accès à la culture
Les livres sont fournis principalement par la commune urbaine de Mahajanga, l’Alliance française, le Gescod, ou Grand Est Solidarités et Coopérations pour le Développement, ainsi que des institutions religieuses. Des livres confessionnelles, d’éducation et de divertissement, en français et en malgache, constituent la majorité des ouvrages.
Durant le Salon du Livre et de la culture au Jardin Ralaimongo, la Maison Centrale présente un recueil de poèmes, intitulé Ilay diampeniko, écrits par cinq détenus de la Maison centrale. C’est un livre produit à l’issue des séances d’écriture, organisées chaque semaine par les animateurs et les éducateurs. Les poèmes racontent leur vie en prison, leurs ressentis et leurs profondes aspirations après la libération. La recette de ventes de ce recueil reviendra aux cinq écrivains et au développement des activités de la section réinsertion sociale.
« Nous ne cessons de chercher de nouveaux ouvrages car nous espérons renouveler les livres de la bibliothèque trimestriellement, pour bien les conserver et pour permettre aux prisonniers d’avoir accès à la culture » termine notre interlocutrice.

Mampianina Randria