Prise en charge - Les soins hors de prix


Rino Rasaminanana, atteint d’insuffisance chronique en phase terminale, lance un appel à l’aide poignant. « Il nous est impossible de poursuivre les trois séances hebdomadaires de dialyse qui coûtent 690 000 ariary, à part les médicaments qu’on doit acheter. J’implore votre générosité. Aidez-moi. J’ai encore envie de passer du temps avec ma femme, mes enfants, toute ma famille et mes amis. Mes enfants ont besoin de moi. Je reçois tout ce que vous pouvez m’offrir. », écrivait cet homme de 44 ans sur son compte Faceboook, au mois de février, en laissant le numéro de sa femme 0342851565 pour ceux qui souhaitent lui envoyer de l’argent. Cela fait un an que ce père de famille a commencé la dialyse. Cette famille s’est déjà détachée de certains de ses biens, pour poursuivre ce traitement qui est à vie, sans la greffe. « Nous avons vendu notre véhicule et certains objets, car nous avons déjà épuisé notre épargne. Le traitement des malades rénaux devrait être l’objet d’une attention particulière car cela coûte trop cher.», racontait sa femme, hier. Les appels à solidarité pour venir en aide aux personnes malades sont nombreux. Hors de portée Les proches d’une enfant, hospitalisée dans le centre hospitalier universitaire d'Anosiala, qui souffre de difficulté respiratoire, demandent une aide financière pour leur permettre d’effectuer un scanner sur cette enfant, pour identifier les origines de sa maladie. Ils demandent la somme de 500 000 ariary pour réaliser cet examen médical. D’autres ne sont juste pas soignés, faute du manque de moyen. A Anosibe, un nourrisson de six mois qui souffre aussi de difficulté respiratoire, doit être hospitalisé, selon les recommandations des médecins qui l’ont reçu au centre de santé de base d'Anosipatrana, le 5 avril. Hier, ce bébé n’a pas encore été emmené par sa famille à l’hôpital. Alors que ses problèmes respiratoires persistent. « Sa mère n’a pas de travail fixe. Elle a du mal à faire vivre sa famille. Elle n’a pas les moyens d’hospitaliser son enfant. », indique une proche de cette famille, pour expliquer les raisons de la non hospitalisation de cet enfant. Beaucoup n’ont pas les moyens de se payer les traitements et les examens médicaux. Le prix des médicaments ne cesse d’augmenter. Les examens médicaux sont hors de portée. L’Etat met trop de temps à mettre en œuvre la couverture de santé universelle (CSU) qui vise à faire en sorte que tout le monde ait accès à des services de santé de qualité sans subir de difficultés financières, en cas de maladie. Une source au sein du ministère de la Santé publique indique que la Caisse nationale de la solidarité santé (CNSS) devrait reprendre, prochainement.
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