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Editorial

Business et bassesse

L’occasion fait le larron. L’expression est hélas valable en toutes circonstances. Y compris dans une crise sanitaire comme celle qu’on vit actuellement. C’est l’occasion pour beaucoup de personnes à la petite conscience de mettre du beurre dans les épinards. Au tout début de la crise c’était l’âge d’or de l’ail et du gingembre dont le prix avait atteint des sommets astronomiques. Les producteurs ont prié fort pour que la pandémie dure toute une éternité. Tout comme les confectionneurs de cache-bouche avant que les produits chinois n’étouffent les fabricants locaux.

C’est aussi l’heure de gloire de l’huile essentielle comme si c’était l’onction de l’immortalité ainsi que les baumes magiques et maléfiques. Les contrefacteurs se sont également montrés très prompts dans leur métier à la manière chinoise. Le baume Fosa a été très vite imité en baume Foza. L’affaire est dans le sac. Une ruée vers les essences de différentes sortes a été observée. Eh oui, tout le monde s’accroche à la vie comme il peut.

Puis, le gel hydro-alcoolique a fait son apparition. Une grosse affaire à tel point que les producteurs locaux de liquide vaisselle et de liquide WC, se sont très vite reconvertis dans cette nouvelle vocation providentielle. Il y en a pour tous les goûts et toutes les bourses. À quelque chose malheur est bon, certaines sociétés ont carrément changé de raison sociale pour se mettre dans cette affaire juteuse.

Après une baisse des activités due à la relative accalmie de l’épidémie, le réveil de la Covid-19 avec un nouveau variant a complètement relancé les affaires depuis deux mois. La maladie est cette fois foudroyante et ravageuse. Elle évolue très vite passant d’une simple toux à une détresse respiratoire en quelques heures. En attendant les vaccins commandés par l’État, c’est plus que jamais la course aux huiles essentielles pour se protéger et pour se soigner. Il y en a une qui fait l’objet de témoignages miraculeux et a un succès fou auprès de la population. Du coup son prix s’est multiplié par dix en quelques jours. Ce sont les intermédiaires qui se font des bénéfices exorbitants.

Dans les pharmacies, le prix des médicaments a très vite pris l’ascenseur que ce soit les vitamines, les anti-tussifs, les aspirines et même ceux qui n’ont rien à voir avec le traitement de la Covid-19. Il en va de même des appareils comme l’oxymètre. Et surtout l’oxygène dont le prix a décuplé dès l’apparition d’une pénurie dans les hôpitaux. Du coup, le prix du riz, le délestage, les coupures d’eau, l’insécurité… sont relégués au second plan.

La Covid-19 fait tourner l’économie d’une certaine manière et fait vivre ceux pour qui l’argent n’a absolument pas d’odeur. Cette propension au mercantilisme complique la guerre contre la pandémie. On s’exploite dans une conjoncture extrêmement difficile au lieu de se serrer les rangs pour affronter l’ennemi commun. On a la population que l’on mérite.

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