8 MARS - Des dames de caractère au front


Depuis quelques années, les femmes sont en frontline des débats publics. À l’occasion du 8 mars, focus sur ces dames qui s’imposent comme des ténors sur la scène publique et qui font bouger les lignes, chacune à sa manière et suivant ses convictions. La liste n’est pas exhaustive. C’est une évidence puisque, certainement, des millions de femmes, chacune à leur niveau, chacune dans leur domaine d’activité ou dans leur foyer, hors du prisme des médias et des réseaux sociaux, qui travaillent ou luttent quotidiennement pour faire bouger les lignes. En cette journée internationale des droits des femmes, il ne serait pas prétentieux d’évoquer les exemples de quelques femmes qui sont au front de la scène publique et chacune à leur manière, à leur niveau, influencent la vie publique. Dans la politique, les femmes sont les plus en vue depuis quelques années, à l’exemple de Christine Razanamahasoa, présidente de l’Assemblée nationale. Première femme cheffe d’institution, elle est littéralement la boss de la Chambre basse. Qu’il soit issu de la majorité, centriste, ou opposant, aucun député n’ose contester l’autorité de la dame au perchoir. Petit à petit, elle s’est installée comme une des personnalités les plus importantes du pays. Également présidente de l’association des natifs de la province de Fianarantsoa, le rayonnement politique de Christine Razanamahasoa ne fait pas débat. Au sein du bureau permanent de l’institution de Tsimbazaza, par ailleurs, elle est entourée par d’autres femmes de caractère, notamment, ses trois vice-présidentes. Les vice-présidentes de l’institution de Tsimbazaza, que sont Lalao Rahantanirina, Jocelyne Rahelihanta et Irmah Lucien Naharimamy sont des poids lourds dans la province de Mahajanga, Antsira­nana et Toamasina. S’agissant toujours de l’Assemblée nationale, difficile de faire l’impasse sur maître Hanitra Razafimanantsoa, députée du premier arrondissement d’Antananarivo. Depuis la Transition, elle s’est installée comme une voix incon­tournable de l’opposition. L’avocate a pris ses distances avec le parti “Tiako i Madagasikara” (TIM), sous les couleurs duquel elle s’est fait élire députée, depuis quelques mois. Elle reste néanmoins une des principales figures féminines de l’arène politique nationale. Du côté de l’Exécutif, bien que la parité homme-femme ne soit pas encore effective, ce sont les femmes qui sont les plus en vue lorsqu’il s’agit de monter au filet durant les joutes résolument politique. Un engagement incarné par Lalatiana Rakotondrazafy Andriaton­garivo, ministre de la Com­munication et de la culture. Côté sombre Les avis sont fermement divisés sur la dame et ses méthodes. Seulement, tous lui accordent une chose. Elle ne réchigne pas à mouiller le maillot lorsqu’il s’agit de défendre la politique étatique. À un certain moment, celle qui est aussi la porte-parole du gouvernement a même été la seule à le faire contre vents et marées. Ce qui lui vaut souvent des lynchages sans filtre de la part de ses détracteurs. Toujours dans le cadre institutionnel, mais dans un autre domaine que la politique, une femme s’illustre aussi. Il s’agit de Sahondra Rabenarivo, présidente du Conseil supérieur de l’intégrité (CSI). Elle est aux manettes du Système anti-corruption (SAC), depuis quelques années. En face, du côté de la société civile, c’est Ketakandriana Rafito­son, directrice exécutive de Transparency international - Initiative Madagascar (TI-IM), qui s’active à son niveau pour faire avancer la lutte contre la corruption et faire régner la probité dans la Grande île. Toujours du côté de la société civile, Marie Kristina Kolo, écoféministe et entrepreneure sociale, est également devenue une figure incontournable au fil des années. Fervente écologiste et militante pour les droits des femmes, elle porte la voix de la jeunesse et des femmes malgaches jusqu’au sein des instances internationales. Il y a aussi Mbola­tiana Raveloharimisa, membre fondatrice de l’association Nifin’Akanga, dont une des revendications est de permettre aux femmes “d’avoir le choix”. D’avoir le choix de faire ou non une Interruption volontaire de grossesse (IVG), par exemple. Le fait que les femmes prennent de plus en plus de place sur la scène publique révèle un côté sombre de la société malgache. Une société de prime abord “misogyne”. Une société permissive, peu regardante, ou qui ferme les yeux sur les errances et les vices des hommes, mais qui refusent tout droit à l’erreur à la femme. Une société où certains n’hésitent plus à déblatérer publiquement, sur les réseaux sociaux, leur méchanceté et cruauté vis-à-vis des personnalités féminines. Une société où une partie de l’opinion publique se délecte des invectives basées sur le physique ou les tenues vestimentaires des femmes, en ces temps où la lutte contre le harcèlement moral est d’actualité. Une société où les différentes atteintes à la dignité de la femme sont cautionnées et même initiées par des femmes sous prétexte d’antipathie personnelle ou politique.  
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