Comme un démon insensible à des siècles d’exorcisme, de luttes féministes, le spectre du sexisme hante même la journée consacrée aux droits de la femme. Le 8 mars n’a jamais été épargné par la lame tranchante qui l’ampute de son membre vital et s’impose, dans la conscience collective, sous sa forme tronquée de « Journée mondiale de la femme ». Terrible est la sourde conséquence de cette mutilation lexicale: sont contenus dans cet isolement du mot « femme », privé de ces amis « droits de », les clichés qui étaient et sont toujours les différentes plaies que les combats pour l’égalité des sexes peinent à guérir. Le 8 mars, qui est, depuis 1977, la journée qui devrait symboliser une victoire dont la peau meurtrie est recouverte des stigmates des combats des femmes pour l’égalité, est chaque année souillé par le virus du machisme toujours ambiant qui mène irrémédiablement à sa mutation: la date, habillée par une histoire jalonnée de luttes pour l’émancipation de la femme, est couverte de la combinaison de prison qui veut toujours enfermer le « sexe faible» derrière les barreaux des stéréotypes qui sont les rejetons de l’ennemi discriminateur: la femme docile du foyer soumise à son homme et dont le pouvoir se limite à quelques endroits bien délimités du foyer familial comme la cuisine,... au moins assiste-t-on à une extension de l’espace par rapport à l’aire de la gynécée grecque. Les stéréotypes misogynes ont la vie dure et sont d’une invincibilité inébranlable que les siècles de croisades féministes n’ont pas réussi à ruiner. La figure de la demoiselle en détresse, véhiculée par les contes, mythes et légendes, est toujours présente dans notre culture : Andromède, enchaînée à un rocher, qui doit son salut au héros Persée ; Iseut, maintes fois sauvée par Tristan ; ... ne sont que les aïeules lointaines des figures qui appartiennent à des productions plus récentes comme Ann Darrow du film King Kong (M. Caldwell Cooper & E. Beaumont Schoedsack, 1933) ; Jane Porter, la femme de Tarzan (Edgar Rice Burroughs) ; Linoa Heartilly, personnage principal féminin du jeu vidéo Final Fantasy VIII, ... L’image de la femme porte encore ce lourd fardeau de la fragilité qui lui somme d’accepter l’ascendance de l’homme. Et la journée du 8 mars est pervertie en devenant un moyen implicite de lui rappeler cette « place » qui est la sienne avec des promotions sur les produits électroménagers, ... Selon Naëm Bestandji, l’objectif du 8 mars a été détourné « à l’avantage du machisme et du patriarcat». Ce qui signifie que le combat est loin d’être terminé. À la place des demoiselles en détresse, doivent émerger plus de guerrières qui ne prennent plus pour modèles inconscients Blanche Neige, la Belle au bois dormant ou Olive Oyl, la petite amie de Popeye, ... mais des femmes fortes comme la princesse Leia de la saga Star Wars ou Fifi Brindacier, l’héroïne des romans d’Astrid Lindgren ; Lisbeth Salander de la saga Millenium (S. Larsson), ...
Comme un démon insensible à des siècles d’exorcisme, de luttes féministes, le spectre du sexisme hante même la journée consacrée aux droits de la femme. Le 8 mars n’a jamais été épargné par la lame tranchante qui l’ampute de son membre vital et s’impose, dans la conscience collective, sous sa forme tronquée de « Journée mondiale de la femme ». Terrible est la sourde conséquence de cette mutilation lexicale: sont contenus dans cet isolement du mot « femme », privé de ces amis « droits de », les clichés qui étaient et sont toujours les différentes plaies que les combats pour l’égalité des sexes peinent à guérir. Le 8 mars, qui est, depuis 1977, la journée qui devrait symboliser une victoire dont la peau meurtrie est recouverte des stigmates des combats des femmes pour l’égalité, est chaque année souillé par le virus du machisme toujours ambiant qui mène irrémédiablement à sa mutation: la date, habillée par une histoire jalonnée de luttes pour l’émancipation de la femme, est couverte de la combinaison de prison qui veut toujours enfermer le « sexe faible» derrière les barreaux des stéréotypes qui sont les rejetons de l’ennemi discriminateur: la femme docile du foyer soumise à son homme et dont le pouvoir se limite à quelques endroits bien délimités du foyer familial comme la cuisine,... au moins assiste-t-on à une extension de l’espace par rapport à l’aire de la gynécée grecque. Les stéréotypes misogynes ont la vie dure et sont d’une invincibilité inébranlable que les siècles de croisades féministes n’ont pas réussi à ruiner. La figure de la demoiselle en détresse, véhiculée par les contes, mythes et légendes, est toujours présente dans notre culture : Andromède, enchaînée à un rocher, qui doit son salut au héros Persée ; Iseut, maintes fois sauvée par Tristan ; ... ne sont que les aïeules lointaines des figures qui appartiennent à des productions plus récentes comme Ann Darrow du film King Kong (M. Caldwell Cooper & E. Beaumont Schoedsack, 1933) ; Jane Porter, la femme de Tarzan (Edgar Rice Burroughs) ; Linoa Heartilly, personnage principal féminin du jeu vidéo Final Fantasy VIII, ... L’image de la femme porte encore ce lourd fardeau de la fragilité qui lui somme d’accepter l’ascendance de l’homme. Et la journée du 8 mars est pervertie en devenant un moyen implicite de lui rappeler cette « place » qui est la sienne avec des promotions sur les produits électroménagers, ... Selon Naëm Bestandji, l’objectif du 8 mars a été détourné « à l’avantage du machisme et du patriarcat». Ce qui signifie que le combat est loin d’être terminé. À la place des demoiselles en détresse, doivent émerger plus de guerrières qui ne prennent plus pour modèles inconscients Blanche Neige, la Belle au bois dormant ou Olive Oyl, la petite amie de Popeye, ... mais des femmes fortes comme la princesse Leia de la saga Star Wars ou Fifi Brindacier, l’héroïne des romans d’Astrid Lindgren ; Lisbeth Salander de la saga Millenium (S. Larsson), ...