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Promotion du genre – Pour l’émancipation et l’épanouissement des femmes

Le 8 mars se célèbrera, cette année, avec thème « Leadership féminin : Pour un futur égalitaire dans le monde de la Covid19 ». D’Antananarivo à Antsirananana, où se tiendra la célébration officielle avec la Première dame, Mialy Rajoelina, plusieurs manifestations sont prévues se tenir. La lutte est la même : pour que les femmes et les filles jouissent pleinement et sur un pied d’égalité de l’ensemble des droits fondamentaux et des libertés premières.

Travail – Clémentine Raheliarisoa a lutté pour travailler

Clémentine Raheliarisoa est superviseur auprès de Clair de lune, une société qui œuvre dans la céramique artisanale, depuis 3 ans. Elle a lutté pour pouvoir travailler. « En l’an 2000, j’ai voulu travailler comme enseignante dans l’école de mes enfants. Mon mari ne m’avait pas donné son feu vert. Sa réaction s’expliquait, notamment, par le fait que dans notre famille, toutes les femmes étaient femmes au foyer, à l’époque. Aucune, sauf ma belle mère, sortait de la maison pour aller travailler. Mais je ne pouvais pas accepter de rester comme ça, sans travailler. Si mes parents m’ont enseigné, c’est pour que je devienne une femme épanouie et qui travaille. Avec mon mari, on a eu, souvent, des disputes sur ce sujet », raconte cette quadragénaire. Il lui aurait fallu de long moment pour persuader son mari de la laisser travailler. « Je lui ai dit que je pourrais ramener de l’argent en plus, si je travaille. Mais cela ne l’a pas fait changer d’avis. C’est au bout de six mois, qu’il a, enfin, cédé. J’étais malade à l’époque, il devait s’occuper de tout, dont emmener nos enfants à l’école. Cela a perturbé son emploi du temps. C’est ce qui l’a, notamment, fait changer d’avis. Il s’est dit que si je faisais ce travail d’enseignante, on n’aurait plus de problème à emmener nos enfants à l’école », rajoute cette femme qui a suivi deux années de formation en droit. Depuis, Clémentine Raheliarisoa se sent une femme épanouie. Elle encourage tout un chacun à changer de point de vue sur les femmes et le travail. « Les travaux ménagers ne doivent pas revenir obligatoirement aux femmes et les sources de revenu, aux hommes. Les femmes peuvent bien avoir un travail rémunérateur, comme les hommes peuvent bien participer aux tâches ménagères », conclut Clémentine Raheliarisoa.

Des femmes qui ne peuvent pas travailler, car n’ont pas l’accord du mari, elles sont nombreuses à Madagascar, mais elles sont, en majorité, silencieuses. Très peu osent dénoncer et beaucoup préfèrent subir. Pouvoir travailler reste un combat pour la femme. Les unes ne sont pas autorisées par leur mari, d’autres sont rejetées par des lieux de travail, qui les jugent « inaptes » ou « non compétentes », à exercer un tel métier. Plusieurs femmes malgaches prouvent qu’elles sont compétentes et peuvent même surpasser les hommes.

Aujourd’hui 8 mars, des femmes vont organiser des meetings pour faire respecter leurs droits.

Charité – Vony Randrianonenana, une femme qui inspire

Une leader, une personne au bon cœur, une coach, une femme dévouée aux autres, surtout aux femmes et aux enfants défavorisés. Elle, c’est Vony Randrianonenana, présidente de Clair de lune, une association humanitaire, caritative et éducative, crée en 2016. « J’ai fondé cette association, car j’ai toujours voulu soutenir les autres, surtout les femmes et les enfants en difficulté. Mon objectif est qu’ils soient autonomes, notamment les femmes qui jouent un rôle principal au sein de la famille et auprès de la communauté », indique cette femme qui se passionne pour les œuvres caritatives. Cela me procure une satisfaction personnelle. Je suis soulagée lorsque j’apprends que nos œuvres ont apporté du changement dans la vie de nos bénéficiaires. La plus grande réalisation de Clair de lune, depuis sa création, serait le projet de parrainage de huit enfants. « Ils étaient déscolarisés lorsque nous les avons connu. Ils avancent bien dans leurs études, quelques-uns vont passer l’examen de CEPE, cette année », enchaîne-t-elle. Quand elle a du temps, elle et les autres membres de son association, vont donner des coups de pouce à leurs protégés, en faisant des révisions avec eux.

À 37 ans, elle inspire de nombreux jeunes. Elle a été déjà invitée en Afrique du Sud pour raconter sa « success story ». Coach en développement personnel, présidente d’une association caritative, membres de plusieurs associations, gestionnaire de projet dans une société internationale anglophone, scoute, Vony Randrianonenana encourage les jeunes à se réaliser dans des projets. « Vous n’êtes pas obligés de faire de grande chose. Le simple fait d’intégrer une association et d’apporter vos contributions, pourra changer le monde », lance-t-elle.

Questions à : Lalaina Razafinirinasoa

« Les femmes qui utilisent le planning familial sont épanouies »

Les femmes ont le droit et la liberté de choisir si elles auront des enfants, à quel moment et combien. Le directeur pays de Marie Stopes Madagascar (MSM), Lalaina Razafinirinasoa affirme que les femmes qui utilisent les méthodes contraceptives participent au développement de sa communauté.

Quelle est la relation entre le planning familial, les femmes et le développement économique ?

Une recherche sur l’étude de l’impact économique pour les femmes qui utilisent les méthodes de planning familial, financée par le gouvernement américain, entre 2012 et 2014, a démontré qu’elles peuvent participer davantage au développement de leur famille, de leur communauté et de leur pays. L’explication est qu’elles ont plus de temps pour elle, pour elles, pour leur famille et pour leur communauté lorsque leurs naissances sont espacées. Elles sont, de ce fait, plus épanouies. Elles peuvent penser à leur propre bien être, elles sont plus autonomes et peuvent participer un peu plus à des activités sociales au sein de leur communauté.

Où en est Madagascar dans l’utilisation du planning familial ?

Le taux de prévalence contraceptif a été de 29%, selon l’étude démographique effectuée en 2009. Ce taux est de 40%, actuellement, selon une enquête de suivi des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD). Certes, il y a une augmentation des femmes qui ont recours aux méthodes contraceptives. Mais ce taux devrait être plus élevé, car le nombre de la population ne cesse d’augmenter, en plus, 65% de notre population sont jeunes. On ne doit pas, de ce fait, relâcher la communication sur le planning familial.

Quelles sont les raisons de cette faible couverture en planning familial ?

Il y a trois raisons principales : les doutes à cause des rumeurs, la compétence des professionnels de santé et les moyens. Ce ne sont pas tous les professionnels de santé qui maîtrisent les offres. Des moyens sont nécessaires pour les former dans l’accompagnement des femmes. Nous avons, également, besoin de moyen, pour l’information, l’éducation et la communication. Certaines femmes n’ont pas, non plus de moyen pour acheter les offres.

Est-il vrai que l’utilisation des méthodes contraceptives est dangereuse ?

Le problème, c’est que nous ne savons pas faire la différence avec les effets secondaires. Le planning familial est dans le domaine de la santé publique. Il s’agit d’une politique de l’État. L’Etat n’aura pas d’intérêt à autoriser l’usage de médicaments qui mettraient en danger la vie de sa population. Il y a eu des recherches, et c’est prouver que les contraceptions n’apportent pas de danger à la santé. Par contre, chaque femme a sa propre condition physique. Si chez certaines femmes, les contraceptions n’ont pas d’effets secondaires, chez d’autres, il peut y avoir des réactions, comme la prise de poids, la perte de cheveux. C’est ainsi qu’elles doivent être accompagnées par des professionnels de santé.

Quel message souhaitez-vous passer, en cette journée mondiale de la femme ?

La femme a le droit d’être épanouie. Son épanouissement ne doit pas dépendre de l’homme. J’encourage ainsi, l’usage des méthodes contraceptives. Les femmes ont le droit de contrôler leurs naissances, le nombre d’enfants qu’elles souhaitent et à quel moment elles choisissent de donner naissance, car toute leur vie et leur carrière en dépendent.

Impact de la covid-19 – Des filles risquent d’être mariées durant leur enfance

Le Fonds des Nations-Unies pour l’enfance (Unicef) prévient sur le risque de contrat de mariage chez dix millions de filles dans le monde, d’ici la fin de cette décennie, suite aux impacts de la Covid-19. « Les fermetures d’écoles, les contraintes économiques, la perturbation des services, les décès durant la grossesse et les décès parentaux imputables à la pandémie augmentent les risques de mariage pour les filles les plus vulnérables », vont conduire à ces mariages précoces. Madagascar n’est pas épargné. À part les impacts de la Covid-19, les impacts des sécheresses augmentent la vulnérabilité des enfants à l’exploitation et au mariage. Lors d’une enquête réalisée dans le sud, en décembre 2020, 81% des groupes de discussion auraient affirmé qu’il y a plus de mariage d’enfant depuis la sècheresse et la crise de sécurité alimentaire. Face aux difficultés des familles, dont le manque de ressources et de nourriture, des parents donneraient leurs filles en mariage et ces dernières doivent se plier aux volontés de leurs parents, pour réduire les dépenses du ménage ou pour avoir des ressources, comme de l’argent ou des bœufs.

Il est urgent d’agir. « La journée internationale des femmes est le moment idéal pour nous rappeler ce que risquent ces filles si nous n’agissons pas tout de suite, à savoir la perte de leur éducation, de leur santé et de leur avenir. », indique Henrietta Fore, directrice générale de l’Unicef. « En rouvrant les écoles, en mettant en place des législations et des politiques efficaces, en garantissant l’accès aux services sanitaires et sociaux – notamment aux services de santé sexuelle et procréative, et en fournissant des mesures de protection sociale exhaustives aux familles, nous pouvons considérablement réduire le risque que les filles se voient voler leur enfance par le mariage des enfants. » A Madagascar 44,4% des femmes de 20-24 ans ont été mariées avant l’âge de 18 ans. 13% des femmes de 20-24 ans ont été mariées avant l’âge de 15. Ce malgré le fait que la loi nationale malgache interdit le mariage en dessous de 18 ans.

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