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Editorial

Coup droit

J’ai bien envie d’emmerder les non vaccinés. La phrase est sortie de la bouche du président français Emmanuel Macron. Jugés indignes d’un président de la République, les propos sont entièrement assumés par leur auteur. Macron ne regrette pas de l’avoir dite et ne s’est pas excusé outre mesure. Au contraire, il a martelé ses propos. Une manière de dire aux non vaccinés leur irresponsabilité. En tous cas, le message est très bien passé du côté de l’Océanie. Les Australiens ont très bien compris la leçon. Le coup droit de Macron a fait mouche à Melbourne. La victime est tout simplement le numéro un mondial du tennis le Serbe Novak Dkokovik. Tenant du titre aux internationaux d’Australie, Nole a été dans un premier temps interdit d’entrée en Australie faute d’avoir été vacciné avant de bénéficier d’une dérogation. Mais arrivé à Melbourne, son visa a été annulé faute d’un pass sanitaire.Il a été bloqué dans une zone de rétention jusqu’à lundi, le temps que la justice australienne tranche sur la plainte que le champion serbe a déposée. Un emmerdement qui n’est pas du goût des Serbes qui qualifient le traitement d’emprisonnement et de racisme. Des Serbes manifestent pour soutenir leur champion.

En Australie on ne badine pas avec la discipline et la loi. Quel que soit votre statut social, vous êtes logé à la même enseigne que le citoyen lambda. Pays ayant connu un très long confinement, l’Australie n’aimerait plus se retrouver dans la même situation. Lors des Jeux Olympiques de Sydney 2000, tous les passagers débarquant à Melbourne devaient montrer les chaussures qu’ils avaient dans leur sac. Des petits chiens renifleurs détectent les baskets enfouis quelque part. Un service à l’aéroport se charge de laver les chaussures des passagers avant de les remettre à leur propriétaire. Tout simplement pour éviter la propagation d’un champignon qui avait fait des ravages au pays des Aborigènes. De même et c’est une mesure permanente, aucun aliment, aucune cigarette, aucune boisson ramenée de l’étranger ne peut franchir les frontières australiennes.

Voilà donc comment on applique les mesures sous d’autres cieux. Il n’y a pas le moindre état d’âme dans l’exécution des mesures adoptées.

On aimerait bien vivre la même expérience mais la réalité est qu’il y a loin de la coupe aux lèvres. Sous un dehors d’intransigeance, le préfet d’Antananarivo suis facilement la girouette. Entre la limitation à cents personnes, le nombre autorisé à une manifestation dans une enceinte close et l’interdiction tout court de toute manifestation en plein air, on a du mal trouver la moindre logique. Encore moins entre l’interdiction de toute manifestation en plein air et l’autorisation accordée au FJKM pour un culte de cinquante mille personnes pour maudire le coronavirus dimanche à Antsonjombe. S’il suffisait de prier, il y longtemps que le révérend Médard aurait vaincu le coronavirus.

On ne comprend plus rien. Et il ne faut pas se plaindre si la population se fait tirer l’oreille pour respecter les gestes barrières. Elle sait d’ailleurs que les coups de gueule du préfet n’iront pas au delà du stade de l’intention. En attendant qu’on vienne vraiment les emmerder, les Tananariviens continueront à narguer les autorités. La Covid-19 n’arrive aux malchanceux qui tombent sur le bon trou du barillet dans cette roulette russe.

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