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Haja Ralambomanana – « La filière Petites Mines est négligée »

Haja  Ralambomanana,  président  de  la  FOMM  réitère  que les  ressources  minières  peuvent  être  bien  exploitées.

Le président de la Fédération des opérateurs miniers malgaches (FOMM) apporte des détails sur la situation des « petits » opérateurs miniers, qui ne connaît pas d’évolution. Il propose la mise en place d’un cadre à la fois rigoureux et pratique.

La réforme menée par le ministère des Mines pour assainir et donner une meilleure visibilité pour le secteur, n’est pas encore perceptible. C’est le constat avancé par Haja Ralambomanana, président de la Fédération des opérateurs miniers malgaches (FOMM) qui regroupe actuellement 148 entités, groupements et associations, éparpillés dans toute l’île. « Nous saluons les efforts menés pour réviser le Code minier car ce texte est la base de tout. Toutefois, nous appuyons l’importance de la filière Petites Mines, qui présente encore des vides juridiques alors qu’elle permet à des milliers d’opérateurs de jouir directement des revenus issus des diverses exploitations », explique-t-il.

L’exemple des enfants travailleurs dans les mines ou encore la formalisation à grande vitesse de la filière, ont été cités. « On martèle tout le temps le fait que le pays est riche en produits miniers mais cette richesse semble ne pas être très bien assimilée à tous les niveaux. Nous ressentons une certaine négligence pour la filière Petites Mines en particulier alors qu’elles peuvent très bien être exploitées » insiste-t-il.

L’opérateur en pierres industrielles déplore la suspension de délivrance des « Laissez-passer » pour les opérateurs en Petites Mines. « Le ministère prévoit de concevoir des laissez-passer électroniques. Mais est-ce vraiment pratique pour les milliers de petits opérateurs qui n’ont pas fréquenté d’école dans la brousse de Maeva­tanàna, Ambatofinandrahana, Daraina, Ambatondrazaka, Bongolava ou encore dans l’Anôsy? La suspension empêche les opérateurs de travailler », continue-t-il. Alors que c’est un document autorisant le transport des produits ou substances depuis les carrières vers les lieux de collecte pour les acheteurs ou les exportateurs. « Les exploitants ne sont pas tous des revendeurs », ajoute-t-il.

Il ne demande pas essentiellement le dégel des permis miniers bien que des renouvellements soient vivement attendus par des opérateurs en mica entre autres, une filière qui fait vivre des milliers de personnes. Haja Ralambomanana suggère d’améliorer les quelque quatre mille cahiers des charges déjà en cours.

Mise au défi

Près de 380 000t de marchandises minières confondues restent en stock pour cause de diverses suspensions, telles que les autorisations de collecte, les laissez passer et les créations de groupement. « Les opérateurs miniers acceptent les changements de pratiques s’il le faut et tant que cela constitue des sources de revenus pour eux. Mais il faut que cela se fasse dans un cadre, alors que ce cadre n’existe pas », avance l’interlocuteur. Il propose entre autres la formalisation des opérateurs en gemmes et pierres précieuses par la délivrance de cartes professionnelles comme ce qui se fait avec la filière Or. «Cela permet au moins de recenser les vrais opérateurs. Il faudrait aussi que l’ANOR mette en place des branches dans les districts ou les communes et ne pas déposer les cartes d’orpaillage auprès des communes pour éviter que cela ne devienne un business lucratif pour les maires », avance-t-il. L’ANOR recense cent mille orpailleurs selon les dernières données de l’EITI alors que des milliers d’autres continuent d’exercer… dans le noir.

L’exportation illicite de lingots d’or, happée dernièrement en Afrique du Sud, démontre à la fois la limite des textes actuels mais permet d’entrevoir la quantité réelle d’or extraite et en circulation. « La suspension de l’exportation d’or est mise au défi. Pourquoi ne pas rouvrir cette activité tout en détectant les acheteurs et exportateurs formels qui font une déclaration réelle? Le non-rapatriement de devises peut très bien être contrôlé par l’administration et celle-ci doit réagir en conséquence. L’État doit être ferme », finit-il.

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