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Editorial

Goal indifférence

Ainsi finit un ancien sportif de haut niveau. L’ancien gardien de but du Club « M », Ferdinand Rafalimanana alias Goly Be est décédé à Bordeaux, France il y a quelques jours. Avec Thomas Be, Younouss, Lala Be, Andriamirado, il est l’un des plus grands gardiens de but de l’histoire du foot. Il a gardé les buts de l’équipe nationale pendant de longues années et a fait rêver des millions de Malgaches avec ses parades incroyables devant des attaquants huppés du continent comme le Camerounais Roger Milla, l’Égyptien Mahmoud El Khatib, le Zambien Kalusha Bwalya… Il aurait pu prétendre facilement à une carrière professionnelle dans une grande équipe européenne mais il a préféré rester au pays pour défendre l’honneur national. Ce n’est que vers la fin de sa carrière que sa fille l’a chopé à l’issue d’un entraînement pour l’emmener illico presto à Bordeaux. Plutôt pour une reconversion que pour un contrat chez les Girondins d’Alain Giresse même s’il aurait pu y faire quelques piges. Il y a rendu son dernier souffle mais a souhaité être enterré à domicile. Il faut de gros moyens financiers pour exaucer sa dernière volonté. Des appels ont été lancés à cet effet sur les réseaux sociaux. La diaspora en France a réagi comme à son habitude de même que l’association des anciens joueurs du Club « M ». Pour le moment, il y a loin de la coupe aux lèvres. Un téléthon sera organisé à Analakely pour solliciter une participation publique. Tout doit être fait avant le 15 janvier sinon sa famille devra faire une croix sur cette option.

Côté officiel, c’est plutôt l’indifférence. Aucun geste, aucune intention depuis l’appel lancé par la famille et les férus du foot. C’est juste triste.

Ferdinand n’est pas seul dans son cas. Le sprinter Jean Louis Ravelomanantsoa, finaliste olympique du 100m, aux J.O de Mexico en 1968, plus grand athlète malgache de tous les temps était victime de l’indifférence des autorités à son décès en septembre 2016. Le ministre des Sports de l’époque ne savait même pas qui il était. Un autre grand athlète vient de décéder en la personne du seul perchiste de l’histoire, Dominique Rakotorahalahy, également de l’épopée des J.O de Mexico en 1968. Aura-t-il des obsèques dignes de son rang?

Presque tous les grands sportifs subissent le même sort. Dès la fin de leur carrière sportive, ils sont livrés à eux-mêmes. Avant les députés, ce sont eux qui méritent une pension de retraite, du moins un traitement de faveur pour bons et loyaux services. Actuellement, beaucoup d’anciens athlètes de haut niveau vivent dans la précarité faute d’un cadre pour assurer leur reconversion. Il n’y a pas que les Barea. Avant eux, d’autres ont écrit l’histoire que certains semblent ignorer, faute de culture. Il n’est jamais trop tard pour bien faire.

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