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Exportation – Un parfum de scandale plane sur les litchis

Si le kilo de litchi était vendu à 3 euros, 39 millions d’euros auraient été en jeu en décembre dernier.

Des problèmes se cachent derrière les activités d’exportation des fameux fruits rouges très prisés par le marché européen en période de fin d’année. La filière s’embourbe.

Rien ne va plus entre les exportateurs de litchi. Les uns poursuivent les autres pour abus, les autres fustigent les uns pour monopole. L’enjeu du marché européen devient critique et tous s’agrippent à cette niche. Cette situation impactant  la vie économique du pays et surtout des milliers d’opérateurs en amont, a été gardée secrète jusqu’à ce que la presse étrangère en parle. Le journal Le Monde parle d’« Arrangements opaques entre les grands acteurs de la filière qui jettent le trouble ». Et la presse mauricienne révèle l’existence de transactions passant par une société offshore mauricienne. Des détails ont été demandés auprès du Conseil de la concurrence, cité dans les articles.

Celui-ci étant l’autorité administrative indépendante, ayant pour fonction consultative et juridictionnelle en matière de pratique anticoncurrentielle,   est donc bien placé pour éclairer sur les dits cas d’abus ou de position dominante. Seulement, son président a été des moins coopératifs pour expliquer ce que les citoyens doivent savoir sur cette situation du litchi. « Je n’ai rien à vous dire. Les journalistes ne sont pas obligés de tout savoir. Allez demander au Journal Le Monde dans lequel vous avez vu l’article » a-t-il alors répondu au téléphone.

Un exportateur a bien voulu apporter quelques précisions. « Il y a quelques années, l’exportation n’a pas été organisée. Les envois n’étaient pas groupés et chaque exportateur se débrouillait pour exporter son quota à sa façon. Ce qui a perturbé la qualité et surtout le prix. Il a alors été décidé en Assemblée générale du Groupement des exportateurs de litchi (GEL) de tout réorganiser et un groupement de sociétés a ainsi tout assuré. Il pose ses lois et ses conditions car il possède les atouts financiers utiles à ce genre d’activités  qui présentent beaucoup de risques financiers», explique-t-il.

Des abus

La source a cité entre autres, que c’est essentiellement une vente sur consignation et présente donc énormément de risques. L’organisation serait attribuée à deux importateurs français.

Seulement, au fur et à mesure, des abus survenaient et la répartition de quota devenait non équitable. Ceux qui se sentent lésés choisissent actuellement la voie du tribunal pour trancher. Un exportateur qui est indiqué avoir quitté le GEL entre autres, poursuit le groupement français pour monopole. Un grand opérateur économique est aussi cité « peser de son poids » dans la filière.

13 000t seulement ont pu être écoulées sur le marché européen au mois de décembre soit 4 000t de moins que ce qui a été réalisé en 2019. Depuis, les fruits exotiques rencontrent des problèmes quand ils ont été retirés des grandes distributions européennes en 2019. Le litchi de la Grande île n’était plus assez intéressant quand dernièrement, le prix de vente a baissé de 15% avec le pouvoir d’achat des Européens, face à la Covid-19.

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