Texto de Ravel

Texto de Ravel – Dent pour dent

Le premier pas dans 2020 donnera le tempo pour le reste de l’année. « Bonne année Barbie », cela a été dit et cela se passera ainsi Inch’Allah ! Nos sentiments positifs attireront d’autres pour que tout se passe bien et que 2020 soit un vin vingt sur vingt de grand cru.

Le petit a mal encore aux dents. Rien de spécial, chose tout à fait normale pour un enfant de neuf ans. Mais l’évidence n’est pas toujours au rendez-vous pour les gens extraordinaires comme lui. Avoir des caries peut amener dans des aventures tout à fait hors du commun. Cette fois-ci, contrairement aux fois précédentes, il a bien compris d’où venait la douleur et comment dire qu’il a mal. Un an auparavant, il n’était pas en mesure d’identifier la source de sa souffrance ni comment l’exprimer. Une situation qui a causé bons nombres de crises parfois très violentes.
« Maman… mal aux dents… là » ; « Je veux le médicament rose » ; « Maman je veux aller voir le dentiste ». Trois petites phrases toutes simples qui sont le fruit d’un travail de titan de toute une armée. Citons l’équipe scolaire composée de plus d’une dizaine de personnes spécialisées dont les Assistants de Vie Scolaire, les orthophonistes, les pédopsychologues, les accompagnateurs. Nommons également l’équipe des dentistes qui a su mettre en confiance l’enfant ; les Assistants de Vie Sociale et les nourrices qui ont été à l’écoute et a su encourager le petit à s’exprimer. Trois petites phrases qui ont fait éviter les automutilations, les violences envers les autres.

Malgré ces énormes avancées et l’inventivité de tout un chacun pour essayer de faire accepter au petit les soins conventionnels, cela se fera finalement sous anesthésie générale. Nous avons passé une demi-heure juste pour le convaincre à ouvrir la bouche et nous montrer les dents qui lui font mal. Une bonne heure pour lui présenter le petit miroir et le bistouri manuel afin que les dentistes puissent évaluer l’étendue des soins à faire. Mais rien à faire, l’autisme a eu le dessus. Certes, cette magnifique et exceptionnelle équipe des dentistes est prête à s’adapter aux troubles de l’enfant quitte à faire les soins sur le sol si nécessaire. Seulement, il serait dangereux de les pratiquer dans ces conditions car on pourrait blesser l’enfant. Imaginez un seul instant qu’il prenne peur ou ne coopère plus alors que le bistouri électrique est en pleine action. Un carnage !

Donc pour la quatrième fois de sa courte vie, il passera sur la table. Pour la troisième fois, les soins dentaires se feront sous anesthésie générale. On positive : nous avons la chance de pouvoir avoir ce « luxe » qui s’impose à nous, malgré nous. Nous aurions voulu avoir d’autres alternatives mais jusque-là l’utilisation de la MEOPA ou gaz hilarant est interdit à Madagascar. Sans réelle raison d’ailleurs. Pourtant, ce gaz permettrait à tant de personnes, tant d’enfants en situation de handicap mental et vivant avec des troubles du comportement à avoir accès aux soins sans risque et de vivre pleinement leur droit à la santé.

Comme le système de couverture sociale est inexistant, les citoyens lambda paient plein pot tandis que la cueillette aux impôts fait rage. Mais des impôts pourquoi au fait ? Que nous sommes bêtes, c’est pour étoffer la collection de jolis bolides aux plaques rouges.

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