Economie

Industrie : De nouveaux savons lancés sur le marché

Alors que la loi de finances qui lui est assassine est actuellement entre les mains des sénateurs, la Savonnerie Tropicale lance une nouvelle gamme de produits.

Timing.
« C’est la meilleure manière de répondre à nos détracteurs », lance le directeur des ventes de la Savonnerie Tropicale Henintsoa Rakotomanga, quelques minutes avant la présentation d’une nouvelle gamme de savons de l’entreprise historique. En pleins tourments par rapport à la décision des députés de revoir à la baisse les droits de douanes des bondillons, la Savonnerie Tropicale a présenté hier « Tropical », une gamme de savons de toilette parfumés. Au-delà du lancement en soi, la conférence de presse d’hier avait une portée symbolique voire militantiste avec la présence remarquée du président du Syndicat des industries de Madagascar Hassim Amiraly.

Avec ces nouveaux savons, la Savonnerie Tropicale veut renvoyer l’image d’une industrie qui continue d’innover malgré les difficultés auxquelles elle doit faire face. « Nous n’aurions pas pu lancer ces nouveaux produits sans avoir fait des investissements », déclare Henintsoa Rakotomanga. Le directeur général, Thierry Ramaroson, précise un montant de 200 000 euros avec notamment l’achat d’une nouvelle unité de production moderne en début d’année. « Nous sommes la preuve que les industriels malgaches continuent d’investir pour améliorer leurs moyens de production. Nos machines d’il y a 52 ans ne nous auraient pas permis de produire ces savons », renchérit le directeur des ventes qui annonce de nouveaux investissements en 2020.

Parmi les difficultés figure ce que l’entreprise considère comme concurrence déloyale à travers les importateurs de bondillons qui viennent d’avoir la faveur des députés. Ces derniers ont ramené les droits de douanes de ces bondillons à 10% contre 20% au départ dans le projet de loi de finances.

Guerre des savons
C’est le deuxième revers subit par la Savonnerie tropicale et les saponificateurs après l’épisode des mesures correctives commerciales avortées toujours concernant ces bondillons qu’ils qualifient de savon à part entière et non de matière première selon les importateurs. Ces derniers mois, la guerre des savons a cristallisé à elle seule le combat des industriels malgaches pour plus de considération de la part de l’État. Les sénateurs se prononceront la semaine prochaine sur la loi de finances.

Les nouveaux produits sont des savons de toilette parfumés aux senteurs des fruits tropicaux des différentes parties de Madagascar. Quatre parfums ont été lancés hier avec le cacao d’Ambanja, la papaye d’Analavory, la mangue d’Antsiranana et le litchi de Manakara. La Savonnerie Tropicale a collaboré avec le parfumeur Givaudan pour la conception de cette gamme au terme d’un an de travail. Les savons « Tropical » ont commencé à investir le
marché en novembre.
On les retrouve dans les grandes distributions au prix de 1 200 ariary.