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Affaire ENMG – Six personnes en détention préventive

Une première manche. Selon les informations, l’affaire de malversation autour du concours d’entrée à l’école nationale de la magistrature (ENMG), se divise en trois dossiers. « Le principal dossier », comme le qualifient les sources au sein du Système de lutte anti-corruption (SAC), a été pris en main par le Pôle anti-corruption (PAC), jeudi.

« L’instruction a duré jusqu’à environ 1 heure du matin », narre une source proche de l’enquête. Comme le confirme Mamy Tantely Rakotomahefa, procureur de l’instance du premier degré de la juridiction spécialisée sise aux 67 ha, « six personnes ont été placées en détention préventive ». Abus de fonction, favoritisme, corruption passive, ou encore, faux et usage de faux en écriture publique sont les chefs d’inculpation retenus contre les accusés.
De fortes suspicions de corruption et de falsification de résultats, autour des concours d’entrée, ont ébranlé l’Ecole nationale de la magistrature (ENMG), en 2018. Un scandale qui a amené le ministère de la Justice à suspendre les concours, jusqu’alors. À s’en tenir aux informations, l’affaire est si nébuleuse qu’elle a été divisée en trois dossiers. L’un concerne un bris de scellé et d’incendie des documents d’examens. Le ministre de la Justice, à l’époque des faits, est notamment, happé par ce dossier.

Le second dossier sur l’affaire ENMG impliquerait la poursuite judiciaire d’un ancien haut responsable de l’école. L’objet de cette procédure n’est pas précisé. Le troisième et « principal dossier », comme l’appelle les sources, est celui traité au Pôle anti-corruption, jeudi. Il s’agit « de falsifications des notes des présélections ».

Un élément du Bianco
Les candidats s’estimant lésés par les falsifications de notes ont formulé des doléances auprès du ministère de la Justice. Une enquête du Bureau indépendant anti-corruption (Bianco), a alors été déclenchée suite à une plainte faite par Noro Vololona Harimisa, garde des sceaux de mai 2018, à janvier 2019. Les résultats des investigations ont alors, amené le parquet du PAC à prononcer le placement en détention préventive de six prévenus.

Parmi les six accusés en détention préventive, il y a un ancien directeur administratif et financier de l’ENMG, toujours en fuite. Le mandat de dépôt a aussi, été prononcé contre un fonctionnaire du ministère de la Fonction publique et un informaticien. Les sources indiquent, du reste, qu’un élément du Bureau anti-corruption figure, également, parmi les personnes placées en détention provisoire.

« Il a été enquêté comme toutes les autres personnes mises en cause dans l’affaire et a été présenté à la justice comme tous les autres prévenus », affirme une source auprès du Bureau d’Ambo­hibao. Elle ajoute, « nous appliquons la tolérance zéro contre la corruption. Ce principe vaut également, pour nos éléments en interne et cela s’applique sans état d’âme contre les éventuelles déviances. Nous ne pouvons démontrer notre intransigeance que par l’application de la loi de manière impersonnelle, même en interne ».