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Editorial

B.A BA

La journée mondiale des enseignants est passée complètement inaperçue sinon occultée avant-hier. Pourtant elle est célébrée le 5 octobre depuis 1994. C’est dire le mépris et le manque de considération qu’on a vis à vis des enseignants et des enseignantes. La journée mondiale des enseignants commémore la signature en 1966 de la recommandation OIT/UNESCO concernant la condition du personnel enseignant. Les enseignants n’apprennent pas seulement aux élèves l’alphabet et les chiffres, ils les guident également à avoir certaines valeurs humaines. C’est ainsi qu’ils doivent être qualifiés. Nelson Mandela disait que l’éducation est la meilleure arme pour changer le monde. Elle ne peut pas être réussie sans des enseignants de qualité.

Depuis la seconde République, l’éducation et l’enseignement sont au rabais à en juger les résultats des examens à travers le taux de réussite en constante diminution d’une année à l’autre. C’est d’autant plus déplorable que le niveau de difficulté des sujets proposés du CEPE au baccalauréat a été divisé par dix entre la première et la quatrième république.

La baisse de niveau des élèves est essentiellement due justement au faible niveau des enseignants et enseignantes. On recrute des tout venant sans la moindre qualification pour combler un manque d’effectif. Les conséquences sont immédiates et dramatiques.

Aujourd’hui l’État tente de réparer les erreurs en construisant des écoles aux normes internationales, en distribuant des outils pédagogiques dans toutes les écoles mais les enseignants semblent les grands oubliés dans les efforts consentis. Pourtant rien ne pourra réaliser sans des enseignants qualifiés. C’est le B.A BA de la vie.

S’il est une journée qui mérite une célébration particulière parmi toutes les journées figurant à l’agenda, c’est incontestablement celle des enseignants et enseignantes. Or, ils sont aujourd’hui les parents pauvres de l’administration vivant dans des conditions lamentables.

La première République a été celle des enseignants. C’était la carrière rêvée de tous les élèves. Puis d’une république à l’autre, les enseignants n’ont cessé de dégringoler dans la hiérarchie pour finir au bas de l’échelle. Un «instit » vivote aujourd’hui avec un carnet où il va marquer les crédits du mois et qui vont engloutir tout son émolument dès l’arrivée du bon de caisse. Il va en classe avec les mêmes vêtements crasseux, les mêmes chaussures dont les talons sont inclinés par l’usure de la marche à pied qu’il doit avaler tous les jours.

On doit tout aux enseignants et enseignantes mais ils manquent de tout.

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