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Finances – Le Trésor public paralysé

Les opérations à la Paierie générale sont suspendues sauf le paiement des salaires.

L’absence d’un directeur général du Trésor public provoque la frustration du secteur public. Et peut entraver le bon fonctionnement de l’Administration.

Elle est allée, peut-être, trop vite en besogne. Rindra Hasimbelo Rabarinirinarison, au premier Conseil des ministres de l’actuelle équipe gouvernementale, a réussi le tour de force d’évincer Ihajam­bolatiana Ranjalahy, le directeur général en exercice du Trésor public, DGT.

La seule grande mesure prise lors de cette réunion. Il a été mentionné dans la décision y afférente que « seul le paiement des soldes- salaires des fonctionnaires et pensions des retraités- sera assuré jusqu’à la nomination du nouveau DGT ».

La ministre de tutelle a motivé et justifié cette disgrâce inattendue sur la base des « doléances et reproches sur des cas de corruption évoqués sur le compte du Trésor public par de nombreuses personnes ». Soit. Mais elle devra prouver ses allégations et poursuivre l’incriminé auprès des instances habilitées et jugées aptes à traiter un tel dossier.

Quoi qu’il en soit, cette vacance de poste lèse les chefs d’entreprises qui ont des « tirages » à faire au Trésor public, mais rentrent bredouilles. L’un d’eux se lamente sur son compte facebook. « Si quelqu’un peut signer l’ordre de paiement pour les soldes, pourquoi il n’en ferait pas autant pour nous. Aujourd’hui par l’assèchement de notre trésorerie, nous sommes contraints de souscrire des prêts bancaires pour payer nos salariés et supporter les charges fixes. Avec ce que cela suppose de dépenses supplétives avec les intérêts du capital en question ».

En outre, le cas des Petites et moyennes entreprises du bâtiment et travaux publics, ayant travaillé pour le compte du Fonds routier, reste aussi à régler. Elles réclament 60 mil­liards d’ariary d’arriérés. Une ardoise à effacer pour sauver ces « rescapées de la crise sanitaire ».

La nomination d’un DGT revêt ainsi une importance vitale pour tout le monde. Car, des opérations financières de l’Administration y passent aussi.

Efficacité et droiture

À la longue, ce blocage deviendrait un véritable goulot d’étranglement pour les rouages de l’économie. « Cela ne saurait plus tarder », rassurent des responsables du ministère de l’Éco­nomie et des finances. « Pourquoi limoger le titulaire au poste s’ils n’ont pas encore trouvé quelqu’un pour assumer cette lourde responsabilité », rétorque Roger Ralison, professeur d’université et figure de proue de la Place du 13 mai lors de la « révolution des parapluies » de mai à octobre 1991.

Lors de sa prise de fonction le 16 août, Rindra Hasi­mbelo Rabarinirinarison a déjà émis quelques réserves sur ce qu’elle qualifie « d’ano­malies incompréhensibles ». « Des dispositions légales acceptées par le mécanisme des Marché publics ne le sont pas au Trésor. Alors que ce sont deux organismes rattachés d’un même ministère. Nous allons y travailler pour avoir une synergie car ces contradictions alourdissent les procédures administratives et font perdre du temps ».

Elle a aussi prévenu qu’elle allait faire l’assainissement des Finances publi­ques, à la merci de diverses malversations, ruinant la caisse de l’État. Elle entend éliminer autant que possible les « manipulations » manuelles au profit de la digitalisation, pour réduire ces « étranges phénomènes ».

Comme les fonctionnaires fantômes qui hanteraient toujours les couloirs obscurs de la Fonction publique.

Dans ces conditions, celui ou celle qui va remplacer Ihajambolatiana Ranjalahy devra faire preuve d’efficacité, d’intégrité et de droiture. Des qualités rares par les temps qui courent. Des anciens du Trésor public et des syndicalistes, après leur conciliabule, ont rencontré madame la ministre. Une rencontre au « sommet » qui va accoucher des… souris ou des… soucis.

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  • Une économie sinistrée avec la crise Covid subit une fois de plus une mauvaise gouvernance de cette nature . Il y a des institutions judiciaires pour l’application de l’état de droit si un haut fonctionnaire de la république est fautif dans l’exercice de ces fonctions . La chasse aux sorcières est l’apanage des républiques bananières . On n’instrumentalise pas sa nomination à un poste ministériel en une position dominante pour des animosités personnelles . La charge de la preuve appartient à cette nouvelle ministre des finances dont les bruits de couloir chuchotent qu’elle n’est si  » clean  » que ça en matière de népotisme . On est peut très bien être hyperdiplômée mais malhonnête surtout si c’est une question de déontologie et de transparence exigées sur le fameux  » fonds souverain  » . Le président de la république joue un très rôle si la décision émane de sa personne . Les simples citoyens et les entreprises paient au prix fort cette paralysie d’un service public vital pour le bon fonctionnement de l’administration . Franchement le pays n’a pas besoin encore d’un contre-temps aussi lamentable de la part des gouvernants .