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Editorial

Alpha et Oméga

La Guinée Conakry a été de nouveau le théâtre d’un nouveau coup d’État militaire. Le président Alpha Condé a été déposé par le lieutenant-colonel Mamady Doumbia, chef du Groupement des forces spéciales qu’il a lui même créé pour lutter contre le terrorisme. Un coup d’État diversement apprécié en Guinée et sur le continent. Beaucoup de Guinéens saluent le coup de force alors que des dirigeants africains le condamnent.

Le lieutenant-colonel Mamady Doumbia figure parmi les gardes rapprochés d’Alpha Condé. C’est un coup de poignard qu’il a asséné à son « patron » insatiable. Mamady Doumbia lui reproche la pauvreté de la Guinée, la corruption et les abus de pouvoir. Alpha Condé a fait le mandat de trop. Gagnant la présidentielle de 1993 sous Lansana Conté lui-même auteur d’un coup d’État, il s’est vu retirer la victoire avec des annulations de voix. Il a été par la suite emprisonné pour atteinte à la sûreté de l’État. Il a fallu la pression de personnalités étrangères pour le faire sortir en 2001. Battu en 1998, il a gagné la présidentielle de 2010 après le coup d’État de Moussa Dadis Camara en 2008. Il sera réélu en 2015 et fera changer la Constitution pour pouvoir se présenter à la présidentielle de 2020 qu’il a remportée haut la main. Un abus qui a causé sa perte et qui l’a ramené au même niveau que l’Ougandais Yoweri Museveni,au pouvoir depuis 1986, qui a changé son année de naissance pour éviter la limite d’âge constitutionnel ( 74 ans) et pouvoir se présenter pour un énième mandat, que l’Ivoirien Allassane Ouattara qui a brigué un troisième mandat étant donné que le candidat qu’il a désigné a trouvé une mort providentielle. Les exemples sont légion en Afrique. On inscrit dans la Constitution la limitation à trois le nombre de mandats et ensuite on trouve tous les prétextes pour le contourner.

Madagascar ne fait pas exception. Chaque président qui arrive confectionne une Constitution à sa taille. Certains se sont faits empêcher par leur propre Constitution, d’autres renient leur propre Constitution. À se demander si la Constitution était la sœur jumelle des dix commandements. Tous les chrétiens le savent par cœur mais personne ne le respecte.

Il est tout à fait normal si les coups d’État sont fréquents en Afrique. Autant les dirigeants manquent de maturité, de sérieux et de droiture, autant les militaires restent figés dans les années 60-70. Eh oui, ils n’ont que faire de la démocratie imposée alors que les présidents eux-mêmes sont des monarques sans couronne et que 80 % des électeurs confondent président et messie.

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