Chronique

Comme un hiatus

Le Pape François arrivera à Madagascar le 6 septembre 2019. Une messe est prévue réunir 800.000 fidèles le 8 septembre. Je ne lui ferai pas l’injure d’interroger le nombre d’humains qu’il est possible de parquer sur un mètre carré, sans préjudice des considérations de promiscuité ou de sécurité. Le Souverain Pontife sait certainement que cette question avait soulevé la très sérieuse question du «compas dans l’oeil» : c’était il y a vingt-huit ans, deux ans après une autre visite papale à Madagascar.

Je ne sais pas ce que l’instruction religieuse leur a dit de l’infaillibilité pontificale et j’ignore ce que les fidèles catholiques voudraient demander au Pape. Mon questionnaire existentiel ne serait probablement pas éligible. Les vrais Croyants ne cultivent pas le doute à dessein. Les vrais Croyants croient justement pour conjurer leur angoisse existentielle quand je me réfugie dans une prudente indifférence.

Pour essayer de comprendre ce qui pourrait intéresser les Catholiques de 2019, et faute de matériaux disponibles pour les fidèles de Madagascar, j’ai passé en revue les titres de «La Croix» dans sa livraison de ce 6 août 2019 : «Quelques repères pour mieux vivre en famille. Les mariages en grande pompe ont la côte. Les célibataires se sentent toujours stigmatisés par la société».

Le très sérieux INED (Institut National des Études Démographiques) a comparé les fêtes de mariage des années 1980 et celles des années 2010. Dans cette étude publiée le 30 juillet 2019, certaines conclusions ne manqueront pas de rassurer une Église catholique impactée par les scandales de pédophilie : «Malgré une progression croissante du célibat, le couple continue de s’imposer comme norme sociale puissante» (…) le mariage, certes en déclin et fragile, déclenche une ferveur dans les préparatifs de plus en plus grande et de nouvelles traditions l’entourent (…) le couple constitue la porte d’accès privilégié à la parentalité et à la constitution d’une famille».

Démographes, statisticiens et économistes malgaches sont sans doute songeurs à apprendre qu’en France, les compétences conjuguées de deux organismes administratifs, l’INED (Institut National des Études Démographiques) et l’INSEE (Institut National de la Statistique et des Études Économiques), avaient été consacrées à une EPIC (étude des parcours individuels et conjugaux). Conduite entre 2013 et 2014, une étude quantitative avait concerné 7825 personnes âgées de 26 à 65 ans. Suivit une étude qualitative auprès de 42 hommes et femmes célibataires qui avaient répondu à l’EPIC.

Quelles recommandations en interne l’Église catholique ferait de certaines conclusions : «Les jeunes femmes des classes aisées au début de la trentaine sont les plus susceptibles de souffrir de l’absence de relations stables». Un «âge critique du célibat» a ainsi été défini, entre 30 et 34 ans : «Dans cette tranche d’âge, qui est aussi celle où l’on trouve le nombre le plus faible de célibataires, le fait de vivre seul est perçu de façon largement négative».

Certainement pas à l’INED ni à l’INSEE, encore moins en cours de religion, mais à quelle école de la certitude ai-je donc acquis la conviction qu’une jeune femme trentenaire des classes aisées ne fait pas exactement une adepte à œillères, «Ne crains pas, crois simplement»…

1 commentaire

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  • Je penses qu’on revient du temps de l’archevêque de Richelieu, qui conduit les affaires de l’Etat alors que l’on mentionne tout le temps qu’on est Laïc
    Une vérité dure à avaler si on remet en cause le fondement voir le berceau de la religion et on sait très bien que l’office du dimanche est une formalité pour être accepter dans une société tels que la notre