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Antananarivo – Début laborieux du reconfinement

Même  sans  transport  en  commun,  les  gens  ont  bravé le  confinement.

Le retour au « confinement total », dans la région Analamanga a été animé. Les Forces de défense et de sécurité ont eu du fil à retordre.

NÉCESSITÉ fait loi. Un adage qu’un juriste a partagé sur une publication sur les réseaux sociaux, hier. Une publication concernant la situation qui a prévalu dans la région Analamanga, durant le premier jour du retour au « confinement total ».

La réalité constatée, hier, donnerait tout son sens à cet adage. « La nécessité », a visiblement, poussé des milliers de citoyens à braver le confinement. Tôt le matin, les piétons fourmillaient dans les rues pour aller au travail. Les voitures particulières et les deux roues envahissaient les rues. Les forces de défense et de sécurité (FDS), ont pourtant, dressé des barrages qui ont, à la fois, servi de checkpoint, aux points d’accès à la ville d’Antananarivo, en particulier.

En pleine heure de pointe, des scènes effrayantes d’attroupement de voitures, de motos et de piétons. Les photos de ce qui s’est passé à Ampitatafika, notamment, a fait le tour des réseaux sociaux. Dans les quartiers, les gens s’agglutinaient devant les épiceries et des bouchers, ou les étals des marchands de légumes. Les petits entrepreneurs et artisans de quartier, les mécaniciens, ou encore, les laveurs de voitures ont vaqué à leurs occupations quotidiennes, même au-delà de 14 heures.

Inconscience

Les marchands de rues pullulaient. La clientèle était, au rendez-vous. Les FDS ont dû mouiller le maillot pour fermer les commerces non autorisés. En ce premier jour du reconfinement censé être total, presque tous les secteurs, même « non essentiels », ont maintenu leur activité.

« Nous avons été un peu pris de court par la décision étatique. Nous allons encore nous organiser pour voir comment continuer notre activité tout en essayant de respecter les nouvelles mesures en vigueur », explique un entrepreneur dans un échange électronique. Après une légère accalmie, les embouteillages et les vagues de piéton dans les rues ont repris de plus belle dans les rues.

Après l’heure limite autorisée pour circuler, toutefois, un calme relatif s’est installé dans la ville d’Anta­nanarivo et les autres localités de la région Analamanga. Une situation effective que sur les grands axes, toutefois. Dans la plupart des quartiers, c’était le charivari. Des sorties et attroupements qui sont loin d’être motivés par « la nécessité », d’aller chercher un peu de rentrée d’argent, ou faire les courses.

Une des mesures qui accompagnent le retour au confinement est l’interdiction de toute réunion quel que soit le nombre de personnes. Dans les quartiers populaires, surtout, le confinement semble être l’occasion d’organiser des ren­contres entre amis. Des casinos ou des beuveries s’organisent dans certains quartiers. Des vendeurs de débit de boissons laissent entrouvrir leurs portillons. Des veillées funèbres se tenaient encore, malgré le couvre-feu.

Le premier et le cinquième arrondissement d’Antana­narivo seraient des foyers de contamination au coronavirus. « Briser la chaîne de contamination », est le but du retour au confinement. Difficile d’être optimiste, toutefois, au regard des foires dans des quartiers comme Soavima­soandro, Ivandry, 67 ha, ou encore Andava­mamba et Isotry. Les FDS essaient tant bien que mal de faire respecter l’ordre, allant même jusqu’au porte-à-porte.

Les rondes des éléments de la police nationale et de la gendarmerie nationale, bétonnées par l’armée ne semblent pas intimider les habitants des quartiers populaires. Les blindés de l’armée deviennent même des objets de curiosité. Des habitants se terrent le temps que la patrouille passe, et gambadent jusqu’au prochain contrôle.

Pour certains qui vivent à six, voire à dix dans une pièce ou un cabanon de moins d’une dizaine de mètre carré, difficile, en effet, de rester confinés chez soi. Même faire respecter le port obligatoire du cache bouche, reste une épreuve de force, cependant. Des individus qui sont, de prime abord, éclairés et aisés s’adonnent à des actes inconscients. Certains n’hésitent pas à s’en vanter par des publications sur les réseaux sociaux.

L’effectif et les moyens à la disposition des FDS ne suffiront jamais à mettre en place une « surveillance » permanente de l’application du confinement et des gestes barrières. Un réel confinement ne sera effectif qu’avec une prise de conscience individuelle et collective. Que ce soit par nécessité ou par inconscience, la partie semble, pourtant, loin d’être gagnée.

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