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Lanceur d’alerte exécuté – Trente-sept personnes revendiquent le crime

Henri Rakotoarisoa a réuni la collectivité la semaine dernière en pré - paration d’une descente du ministère de l’Environnement.

Le président d’une collectivité militant pour la protection de l’environnement a été battu à mort par une meute d’individus. Des conflits d’intérêts sont mis sur le tapis.

Une vive tension a viré au drame à Mangarivo tra Andramasina. Henri Rakotoarisoa, défenseur de l’environnement, président de la collectivité locale Mialo, œuvrant dans la protection des forêts et de la biodiversité, a été froidement tué. Revendiquant le crime, trente-sept personnes se sont rendues à la gendarmerie nationale. Leur passage au parquet près tribunal de première instance à Ambatolampy et prévu ce jour. Ce sexagénaire a été battu à mort par des individus en furie dans la nuit de jeudi à vendredi. Des différends qui couvent depuis longtemps ont ouvert la boîte de Pandore.

Riche en biodiversité et abritant une grande réserve naturelle, la commune de Mangarivotra ex-Beparasy est figée dans une zone limitrophe entre le district de Moramanga et celui d’Andramasina.

Originaire de la région Alotra Mangoro, le défunt s’est installé dans cette zone tampon avec l’Analamanga pour y trouver son gagne pain et cohabiter avec la population d’Andramasina.

Règlement de compte

Au fil des années, des problèmes sont apparus. En s’effritant, les relations de défunt avec des villageois sont devenues tumultueuses, l’amenant ainsi à se déplacer dans la partie de Moramanga.

La tension était montée d’un cran lorsque le défunt, alors devenu président de l’association Mialo a milité avec force pour la protection de l’environnement. Des villageois de la partie d’Andramasina, rassemblés dans la collectivité vivant des ressources forestières locales ont fait l’objet de nombreuses plaintes.

De leur côté, ces derniers ont accusé le défunt d’avoir commis des abus de par son statut de président de collectivité, en inscrivant la zone qu’ils exploitent parmi les aires protégées. Lorsque la frustration nourrie par des actes successifs a atteint son summum, un règlement de compte a éclaté. Une version contradictoire souligne néanmoins une demande d’extension de la réserve naturelle que la collectivité Mialo a proposé de gérer.

Après l’homicide, les trente-sept villageois qui avaient des relations houleuses avec le sexagénaire se sont rendus à la gendarmerie à Vohitsarahasina Andramasina.

Henri Rakotoarisoa est considéré par ses pairs comme un lanceur d’alerte sur les crimes contre l’environnement. En guise de représailles, il a lui aussi fait l’objet de plaintes et a été déféré devant les parquets des tribunaux de Moramanga et Ambatolampy. Le défunt a également laissé ses empreintes dans la dénonciation de pillages de forêts et les coupes illicites de bois précieux.

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