Politique

Assemblée nationale – Les rapports de force se dessinent

Au vu des dernières tendances, le nouveau rapport de force dans la prochaine Assemblée nationale se profile.

La prochaine Assemblée nationale connait une nouvelle configuration. Avec une majorité présidentielle, l’opposition semble être affaiblie.

Les jeux sont faits. Les derniers plis venant des districts sont arrivés au siège de la Com­mission électorale nationale indépendante (CENI), mercredi. À entendre Thierry Rakotonarivo, vice-président de la CENI les résultats provisoires officiels seront connus le 15 juin. « Nous traitons douze districts par tranche de vingt-quatre heures. À ce rythme, les résultats provisoires seront fins prêts à l’échéance prévue par la loi », explique-t-il. Toutefois, au vu des dernières tendances publiées par la CENI, les nouveaux rapports de force dans la prochaine Assemblée nationale se profilent.

Le président de la Répu­blique Andry Rajoelina semble avoir vu juste lors de sa rencontre avec le Medef pendant sa visite officielle en France en déclarant que son parti a gagné plus de quatre-vingt places à l’Assemblée nationale. Selon les dernières tendances publiées par la CENI, la coalition Isika rehetra miaraka amin’i Andry Rajoelina (IRD) a acquis une majorité confortable. « Il est normal que le président ait la majorité. Le contexte légal et politique a fait qu’il gagne. La Haute cour constitutionnelle a tout fait pour cela en autorisant par exemple une coalition de porter son nom », réagit Toavina Ralam­bomahay, analyste politique.

Appui
De l’autre côté, l’effectif des parlementaires élus sous les couleurs du parti Tiako i Madagasikara est supplanté par le nombre accru des députés « indépendants ».
Ainsi sa capacité de nuisance est annihilée d’autant plus que la position des candidats indépendants est incertaine. « Ils ne se sont pas proclamés opposants avant les élections. Ce ne serait pas normal qu’une fois élus et sans avoir prévenu au préalable leur électorat, les indépendants s’opposent au régime actuel par coup de tête », poursuit Toavina Ralam­bomahay.

Avec le nombre de sièges acquis à l’Assemblée nationale et une opposition affaiblie, le président de la République s’affranchit ainsi de la majorité à géométrie variable pour son quinquennat. Il dispose d’un horizon dégagé. Toutefois, il a besoin de « l’appui » des indépendants dans les situations où la majorité des deux tiers de la Chambre basse est requise. Il s’agit par exemple de l’adoption des lois organiques ou d’une éventuelle motion de censure.
Après la proclamation officielle des résultats par la HCC, les nouveaux députés entreront en session spéciale dans la première semaine de juillet. La position des « indépendants » est ainsi attendue d’autant plus que bon nombre d’entre eux ont évolué dans le giron de l’ancien président Hery Rajaonarimampianina.