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Prix du paddy dans l’Alaotra – Producteurs et transporteurs en désaccord

La moisson a débuté depuis deux semaines dans cette zone rizicole. Les paysans se demandent ce que leur réserve l’avenir concernant le coût.

Les quelque 150 000 hectares de rizières réparties sur une étendue allant du district d’Ambatondrazaka à celui d’Amparafaravola, commencent à fournir leurs récoltes depuis deux semaines. La plupart des paysans  espèrent que la production dans l’Alaotra dépasserait, cette fois-ci, celles des dix dernières années. En contrepartie, le coût connaîtra « une baisse significative du fait de la loi de l’offre et la demande », fulmine Jean de Dieu Ramarolova, un paysan de Tanambe.
Comme d’autres riziculteurs, il est toujours obligé de recourir aux crédits des agences de microfinances pour financer leur saison. D’après eux, cette aide financière incontournable est parfois source de malheur, si le climat n’est pas clément.
« Elle peut conduire à la saisie de nos biens si nous n’arrivons pas à rembourser nos emprunts. Biens qui, selon la loi en vigueur, seront placés sous l’emprise de la justice par le biais d’un acte exécutoire effectué par un huissier. »

Paysans abusés
Cela les préoccupe. Les transporteurs, surtout les camionneurs, qui ne voient que l’intérêt des opérateurs et le leur, affirment d’ores et déjà que le prix du riz flambera cette année à cause de l’état des routes dans la plupart des zones reliant Alaotra à la capitale. « Mais paradoxalement, si le prix flambe, ce n’est jamais en notre faveur », s’insurge une productrice,  Saphira Virginie Ramia­rantsoa.
Les consommateurs, de leur côté, jugent les paysans comme étant à l’origine du coût élevé du riz qui dépasse largement ce qui est prévu dans le budget familial mensuel. Tout cela  malmène les producteurs et les place dans une situation intenable, coincés entre les accusation des consommateurs et l’exploitation jugée abusive des opérateurs, sans oublier la menace de saisie de leurs biens par les partenaires financiers. C’est d’ailleurs, l’une des raisons pour lesquelles les paysans ont décidé de créer leur propre plateforme de co-innovation technique et sociale avec le Fofifa/CALA.

Hery Fils Andrianandraina

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