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Tolagnaro – Rajoelina tacle les ministres

Andry  Rajoelina  remettant  une  prime  à  un  médecin.

Une gifle. Une phrase dite par Andry Rajoelina, président de la République, durant l’inauguration du Centre de traitement Covid-19 (CTC-19), de Tolagnaro, hier, sonne comme un coup d’estoc asséné à certains hauts responsables.

«C’est pour cela que je suis là. Pour que je puisse vous le remettre en main propre, puisque souvent, lorsque je donne des consignes, elles mettent du temps à être appliquées», déclare le Chef de l’État. Des mots en référence à la remise des primes exceptionnelles aux médecins et aux membres du personnel de santé au front dans la lutte contre le coronavirus, à Tolagnaro. La phrase présidentielle, glissée au milieu de son discours pourrait passer inaperçue. Elle raisonne, toutefois, comme un cadre de l’équipe de l’Exécutif.

La question du paiement des primes et indemnités est une des raisons du bras de fer larvé entre l’État et des acteurs de la santé publique. À maintes reprises, le Prési­dent a affirmé que les primes seront payées. La traduction en acte des engagements présidentiels reviennent aux ministres et leurs collaborateurs. Comme il l’a indiqué, hier, cela prend, pourtant, du temps dans la plupart des cas. Des atermoiements, des retards d’action voire inaction, qui nuisent pourtant, à la lutte contre la pandémie.

Exercice révélateur

À la sortie de la cérémonie de prestation du directeur général du Service de renseignement financier (SAMIFIN), le 28 avril, il soutient qu’il a déjà requis le plein engagement de l’ensemble du gouvernement dans cette guerre sanitaire. Qu’à chaque ministre, est attribué le coaching d’une région. Depuis quelques temps, les observateurs soulignent que le président de la République paraît esseulé au front de la guerre sanitaire. Que pratiquement tous les sujets brûlants semblent nécessiter une intervention présidentielle. La crise sanitaire met, par ailleurs, en lumière le manque de proactivité de certains ministres. D’autres semblent avoir des difficultés à concrétiser les consignes et engagements du Chef de l’État.

Un autre exemple des consignes présidentielles non suivies d’application concrète, ferme et rapide est le plafonnement des prix des produits de première nécessité (PPN). À deux reprises, la décision y afférente a été annoncée en grande pompe. Sur les étals des marchés, pourtant, les prix affichés sont toujours aussi «effroyables».

Aux atermoiements s’ajoutent les sorties et déclarations maladroites de certains membres du gouvernement qui ne font qu’ajouter de l’huile sur le feu, en ces temps déjà difficiles.

Par manque de transparence ou d’anticipation, des ministres sont plutôt dans la réaction et se muent en pompiers afin d’éteindre les incendies causés par des sujets à polémique. L’exercice de l’interview diffusée sur la télévision publique, dimanche, a révélé des membres du gouvernement hésitants et approximatifs. Les bafouil­lements pourraient démontrer qu’ils n’ont pas les épaules assez larges pour mener à bien les missions qui leur sont confiées dans cette guerre sanitaire.

2 commentaires

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  • Bien seul il est, bien seul il restera…..!
    Et le PM est en charge de quoi ? Aussi transparent que de l’eau de roche..

  • Il y a deux choses, la volonté de faire et l’exécution de ce qu’on veut faire. Le président, certes, veut que tout va à la vitesse TGV mais il y a des lois qui empêchent l’exécution, c’est à dire les démarches administratives à suivre depuis l’ordonnancement du ministère jusqu’à ce que les fonds soient disponibles auprès des directions régionaux du trésor.

    Mes questions sont:
    – Est-ce que le président parle en connaissance de cette longue procédure?
    – Est-ce que les ministres et conseillers ont pu expliquer cela au président lors des conseils des ministres? Si oui, est-ce que c’est le président qui ne veut rien savoir de tout cela?
    – C’est quoi le rôle du PM dans tout cela? Lui qui est plus rôdé dans ces démarches?
    – Je crois que le problème c’est un manque de communication entre ces gouvernants: certains essaient d’expliquer mais le PRM n’écoute pas, donc tout le monde reste dans son coin, on ne veut pas démissionner car la place est trop précieuse

    Ce qui est sûr, c’est que ce président va travailler seul malgré lui et il y restera seul qu’en 2023 si on arrivera jusque là, il sera seul car les Karana et autres communauté gasy vont avoir plus d’importance sur la scène politique et économique.