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Editorial

Le doigt dans l’ œil

Charité bien ordonnée. Le président de la République a fait sien ce maxime. Et il l’a clairement dit hier à Tolagnaro en remettant les primes aux personnels soignants locaux. « J’ai préféré vous remettre à main propre ces primes puisque quand je donne des consignes, cela met du temps à être exécutées » a-t-il déclaré. Si ce n’est un désaveu des ministres ou de certains de ses collaborateurs, cela y ressemble. Eh oui, soit les consignes ne sont jamais exécutées soit elles sont exécutées de travers. On comprend mieux désormais pourquoi les diverses revendications sociales ne trouvent jamais de solutions. La grève des paramédicaux et des élèves internes n’aurait jamais dû avoir lieu à en juger ce geste présidentiel à Tolagnaro. Reste à savoir si c’est l’urgence qui l’a dicté ou c’est vraiment une reconnaissance à ceux qui mettent leur vie en péril au profit de celle des autres.

Ce n’est pas la seule recommandation du président de la République qui n’a pas été ou qui a été mal exécutée. Depuis l’année dernière et les premières mesures restrictives, entre ce que dit le président et ce que font les exécutants sur terrain, c’est le jour et la nuit. En principe la parole du président vaut celle de l’Évangile ce qui n’est pas le cas.

Ainsi quand le président dit qu’on ne peut pas entrer ni sortir de la région d’Analamanga, les forces de sécurité comprennent que la circulation est fermée depuis Iavoloha , Fenoarivo, Ambohimanga, Ambohidratrimo, Ambohimalaza. Il a fallu attendre un an pour que les militaires réalisent que les limites de la région Analamanga s’étendent à Ampangabe, Ambatomirahavavy, Anjozorobe, Ankazobe et Mandraka. Beaucoup de problèmes et de dérangement ont été constatés à cause de cette méprise. On dirait une armée de cosaques.

De même, quand le président dit que les marchés de quartiers et les épiceries peuvent ouvrir de 6 heures à 17 heures, le préfet de police et les forces de sécurité comprennent que tout doit être fermé à 13 heures. Quand le président déclare que les grandes surfaces peuvent fonctionner de 6 heures à 18 heures, les forces de sécurité entendent ouverture en demi-journée. Et on en passe et des meilleurs.

Le président a parfaitement raison de prendre les choses en main pour éviter de ramasser les pots cassés. Mais il ne faut pas qu’il en reste là. Déjà il est anormal qu’il fait le boulot de trente-deux ministres. Il ne doit pas continuer à être au four et au moulin. La guerre contre le coronavirus et les défis du développement doivent se passer des maillons faibles et de ceux qui ont du mal à suivre le rythme. En tout cas, le sursis accordé aux ministres pour que ceux-ci présentent leur PEM avant l’évaluation annuelle doit avoir expiré. La Covid-19 ne doit pas servir de bouclier aux incapables. Au suivant.

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