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Vie communautaire – Des intimidations gênent les Mikea

Le couple  Mikea Tsivahora demande plus d’implication de l’État dans la sécurisation de leur bien-être.

Une famille du groupe ethnique des Mikea se présente en témoin des actes de terrorisme subis par sa communauté. Elle supplie l’État de lui venir en aide.

La communauté Mikea se déclare abusée. « Le film tourné par l’équipe d’une télévision française ne reflète ni la réalité vécue ni la culture de la communauté Mikea. Un individu se disant défenseur de la culture Mikea est venu demander la contribution de notre communauté à la réalisation d’un film sur les Mikea en 2009. Nous n’avons pas eu vent du film réalisé. Il est revenu l’année dernière avec une autre équipe de tournage, mais la réalité relatée dans le film a été montée en totalité car les notables et autorités de notre communauté n’ont pas voulu leur partager la culture Mikea », dénonce le couple Tsivahora, habitant du fokontany de Bedo de la commune de Basibasy, dans le district de Morombe.
Le couple, issu de la communauté Mikea a témoigné, dans un restaurant de la capitale, que la vie de la communauté Mikea s’est dégradée pour des raisons d’insécurité et d’actes de terrorisme. Leur village, celui de Bedo, a dû fermer son unique école. « La charrette que notre village utilise pour chercher et transporter l’eau dont nos élèves ont besoin, et que l’on ne trouve qu’à des kilomètres du village, a été vandalisée et les zébus volés. Ceci, dans l’unique but de nous intimider à fermer notre école et à accepter l’ouverture d’un nouvel établissement offert par celui qui nous a proposé de figurer dans le film. Ce n’est qu’un exemple. Les villageois ont actuellement fui l’insécurité et campent à quelque 40 km du fokontany de Bedo», clame Emmanuelle Tsivahora, responsable de l’école
fermée.

Enjeux
Le noyau dur de la communauté Mikea ne compte plus que quelque quatre cents personnes qui respectent encore aujourd’hui la culture Mikea. « Nous n’acceptons pas non plus de nous impliquer dans la dénonciation de l’exploitation d’ilménite à Ranobe, car cela ne nous concerne pas directement. L’exploitation se trouve à environ quatre heures de route de notre village», ajoute le couple Tsivahora.
D’après toujours les explications qu’ils ont données, les Mikea ne sont pas de l’ethnie Masikoro, mais relève plutôt d’un groupe qui lui est proche, les Maromainty. La forêt primaire sèche de Mikea a perdu 4 700 ha, soit soixante dix fois la cité des 67 ha, en raison de sa surexploitation et des activités de déforestation, de
charbon, par exemple. « Ce sont surtout les migrants et des individus envoyés par des mains politiques qui détruisent notre forêt», accuse Tsivahora.
De sources locales, des maires contactés parlent de l’existence de richesses souterraines telles que le mercure ou encore de l’or. Dernièrement, ce sont les poissons aveugles Typhleotris pauliani, conservés dans la grotte Safora, située dans les 300 ha du parc géré par Madagascar national parks (MNP) dans cette forêt Mikea, qui seraient victimes de disparition incompréhensible.