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Rétrocession des îles éparses – Reprise des négociations après la présidentielle française

La   première   réunion   des   deux   délégations,   au   palais d’Andafiavaratra,  en  novembre  2019.

La deuxième manche de la réunion de la commission mixte sur les Îles Éparses devrait se tenir en juin. La partie française a demandé à ce que ce deuxième round se tienne après la présidentielle de ce mois d’avril.

Rendez-vous en juin… si tout se passe bien. Une deuxi­ème réunion de la commission mixte sur les îles éparses devrait enfin se tenir. Cette deuxième manche entre les négociateurs malgaches et français devrait se tenir à Paris, en juin.

L’information est sortie durant un entretien avec Richard Randriamandrato, ministre des Affaires étrangères, lundi. Selon ses explications, la partie française a demandé à ce que le prochain face-à-face se tienne après son élection présidentielle et la formation de son nouveau gouvernement qui s’ensuivra. Le premier tour se tiendra, dimanche, et le second tour, le 24 avril. L’entrée en fonction du Président nouvellement élu, la formation de son gouvernement, tout ce processus devrait accaparer tout le mois de mai.

Le premier grand rendez-vous diplomatique entre Madagascar et la France, pour le quinquennat du Président qui sortira vainqueur des deux tours de vote de ce mois d’avril, devrait donc se tenir quelques semaines après son élection. Selon le ministre Randriaman­drato, la partie française a assuré que les négociations au sujet des îles éparses continueront, qu’importe celui ou celle qui sera élu. Si le mois de juin est indiqué, la date exacte de la prochaine réunion de la commission mixte n’est, toutefois, pas encore connue.

La relance des négociations au sujet des îles éparses au sein d’une commission mixte a été décidé par Andry Rajoelina, président de la République, et son homologue français, Emmanuel Macron, lors de leur rencontre à Paris, fin mai 2019. Il avait, également, été convenu que les deux parties trouvent une “solution commune”, avant le soixantième anniversaire de l’indépendance de Madagascar, le 26 juin 2020.

Une première réunion de la commission mixte sur les îles éparses s’est ainsi tenue au palais d’Andafiavaratra, Antananarivo, le 18 novembre 2019. Les deux parties se sont, ensuite, accordées à ce que le prochain rendez-vous se tienne dès le mois de décembre de la même année à Paris. Cela ne s’est pas fait, cependant. Le premier trimestre de l’année 2020 a, ensuite, été indiqué. Seulement, la pandémie causée par le coronavirus a tout bouleversé. Les priorités ont donc été orientées dans la lutte contre la Covid-19 et atténuer le choc de la crise sanitaire.

Différend sur la souveraineté

Bien que les négociations en face-à-face aient été mises en stand-by, la question des îles éparses, elle, est restée au centre des relations bilatérales entre Madagascar et la France. La première manche de la réunion de la commission mixte à Andafiavaratra, a conclu “l’existence d’un différend sur la question de la souveraineté”.

Madagascar veut une restitution. La France, quant à elle, insiste sur le terme “solution commune de développement”. Une manière diplomatique de parler de cogestion. Madagascar ne ferme pas la porte à “la solution commune de développement”, proposée par la France. Il poste, toutefois, comme condition préalable, “la restitution de sa souveraineté sur les îles éparses”. Depuis la réunion du 18 novembre 2019, le sujet est même devenu une source de crispation des relations bilatérales entre les deux pays. En cause, des initiatives françaises, dont un décret érigeant l’archipel des Glorieuses, en une réserve naturelle nationale, en juin 2021. Madagascar l’a qualifié de “démarche arbitraire du gouvernement français”.

Les relations entre Madagascar et la France se sont réchauffées avec une nouvelle rencontre entre Andry Rajoelina et Emmanuel Macron, à Paris, le 27 août 2021. Depuis, l’excellence de l’amitié entre les deux pays est martelée. Au sujet des îles éparses, toutefois, la partie malgache maintient sa position et sa revendication d’une rétrocession. Elle a réussi à rallier la Commu­nauté de développement des Etats d’Afrique australe (SADC), à sa cause.

À la tribune des Nations Unies (ONU), le 22 septembre 2021, le président Rajoelina a demandé à l’organisation mondiale qu’elle veille à ce que sa résolution sur les îles éparses soit appliquée. Dans un acte qui date de 1979, l’ONU a demandé à la France d’initier “sans tarder”, des négociations avec Madagascar, pour la réintégration de ces îles au territoire malgache. Après plus de deux ans de pause, la prochaine réunion de la commission mixte prévue en juin pourrait avoir des allures d’un nouveau coup d’envoi des négociations.

L’issue de la présidentielle française pourrait, cependant, jouer une note majeure sur le ton et les orientations des débats. Le Rassemblement national, parti de la candidate Marine le Pen, a déjà affirmé son opposition aux négociations sur les îles éparses, particulièrement sur l’idée d’une rétrocession. Des élections législatives se tiendront, également, en France en juin prochain. Pour la partie française, une décision sur le dossier pourrait requérir une onction parlementaire. Les changements de paramètres politiques de part et d’autre, par ailleurs, pourraient amener une recomposition des équipes de négociateurs.

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