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Pr Yoël Rantomalala, chirurgien urologue – « Les autres hôpitaux doivent se tenir prêts »

Des interventions chirurgicales programmées sont reportées dans les hôpitaux. Le Pr Yoël Rantomalala, chirurgien urologue et ancien ministre de la Santé publique, apporte des explications.

. Des hôpitaux ont décidé d’ajourner de grandes interventions chirurgicales, en cette période d’épidémie du coronavirus. Pourquoi est-ce nécessaire ?
Pour de nombreuses raisons. Primo, on réduit la circulation des familles des patients à l’hôpital, car parmi elles, il peut y avoir des porteurs du covid-19, ce qui pourrait compliquer la maitrise de l’épidémie. Secundo, c’est pour protéger les patients hospitalisés contre le coronavirus que peuvent transmettre les visiteurs ou les victimes du coronavirus qui ont besoin d’une intervention chirurgicale. La meilleure prévention du coronavirus est d’éviter d’être en contact avec le virus.

. N’est-ce pas aussi un moyen pour libérer des lits d’hôpitaux ?
En cas d’explosion de l’épidémie, les hôpitaux Manarapenitra, les CHU d’Anosiala et Joseph Raseta de Befelatànana pourront être débordés. C’est pourquoi les autres hôpitaux comme le CHU Joseph Ravoahangy Andrianavalona (CHU JRA) doivent recevoir des patients du coronavirus. Dans une ville française, un hôpital a été transformé en service de Réanimation, avec ces deux mille lits équipés chacun d’un respirateur, mais ce n’est toujours pas suffisant. Chez nous, le CHU JRA est le plus grand hôpital, avec sept cents lits, et il continue à recevoir d’autres malades. Et je ne parle pas des équipements.

. Les chirurgiens ont-ils un rôle dans cette lutte contre le coronavirus ?
Tous les médecins doivent prêter main-forte à l’État dans la garde, dans le suivi et dans le contrôle des malades en quarantaine. C’est impossible d’assurer en même temps la garde et les interventions chirurgicales programmées.

. Ce report des dates des grandes opérations peut-il être appliqué à tous les patients ?
Les interventions d’urgence ne sont pas inclues dans cette mesure, elles ne sont pas reportées. Pareil pour les cancéreux qui font des chimiothérapies. Ces actes médicaux se poursuivent.

. N’y a-t-il pas d’impact sur le pronostic vital du patient ?
Il est de la responsabilité du médecin d’expliquer la situation aux patients. Ils peuvent venir à l’hôpital, en cas d’urgence.