Chronique

Epidémie – L’Afrique épargnée par le coronavirus ou sursitaire ?

Contrôle sanitaire à l’aéroport de Nosy Be par un médecin (masqué) lors de l’atterrissage d’un avion d’Ethiopian Airlines.

Alors que les courbes représentant les victimes du Covid-19, décédées ou contaminées, sont suivies avec inquiétude et angoisse ailleurs, le continent africain parait étrangement à l’abri. Pourquoi ? La question a été posée à Pierre-Marie Girard, un nom qui nous est familier, directeur des Affaires internationales à l’Institut Pasteur de Paris. Mais les éléments de réponses n’en sont encore qu’au stade des hypothèses.

Car d’une façon générale, on n’en connait pas encore la raison, d’autant plus que les premiers cas africains de coronavirus ne sont apparus que tardivement par rapport au début de l’épidémie. Une hypothèse consiste à dire qu’il y a certainement des cas, mais qu’on est passé « à côté ». C’est peu probable, car avec le temps, ces cas se seraient fatalement développés avec plus d’évidence.

Une autre hypothèse argue du fait que très peu de personnes infectées seraient venues en Afrique. Également peu plausible, sachant que plus d’un million de Chinois vivent sur le continent, ce qui génère des aller-et-retour fréquents. De grands mouvements ont notamment eu lieu lors du Nouvel an chinois de février dernier.

On évoque aussi l’idée d’une forme de résistance lié à un profil génétique, et qui implique que les Africains soient moins sensibles à l’infection. Pourquoi donc ? On peut aussi imaginer qu’il n’y ait pas de formes graves de la maladie en Afrique, mais plutôt des formes asymptomatiques. Dans ce cas-là, le dépistage n’étant pas systématique, on pourrait passer à côté de l’épidémie pendant longtemps. Y aura-t-il prochainement une multiplication des cas ? On ne peut pas l’affirmer, puisque ni en Égypte, ni en Algérie, ni au Nigeria il n’y a eu l’effet boule de neige qu’on craignait.

À l’échelon international, l’OMS, qui a totalement raté sa gestion d’Ebola, en a tiré les leçons. Elle a cette fois-ci été beaucoup plus rapide. On a assisté dans les pays à des mises à niveau des laboratoires, à des formations de techniciens, ainsi qu’à la vulgarisation des dispositifs de surveillance. Par ailleurs, les ministères de la Santé ont, maintenant, l’obligation d’appliquer le Règlement sanitaire international (RSI).

Les lits préparés pour la mise en quarantaine au CHU d’Anosiala.

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