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Ceni – Thierry Rakotonarivo mis à la porte

Thierry Rakotonarivo se dirige vers la sortie.

Le président de la Ceni, Hery Rakotomanana, a déposé une saisine à la Haute cour constitutionnelle demandant la destitution de son vice-président, Thierry Rakotonarivo, pour faute grave et violation de serment. Un désaveu cinglant.

Volte-face. Deux jours après avoir défendu bec et ongles au cours d’une conférence de presse son vice-président Thierry Rakotonarivo, le président de la Ceni, Hery Rakoto­manana, a déposé hier une saisine à la Haute cour constitutionnelle de le destituer pour faute grave et violation de serment.

La révélation faite par Thierry Rakotonarivo à propos de l’existence de plus d’un million de cartes d’iden­tité nationale de même numéro identique mais dont les titulaires sont différents continue ainsi de secouer le microcosme politique. Des le lendemain de la déclaration, Thierry Rakotonarivo a été mis au banc des accusés, traité de déstabilisateur, de corrompu.

Il a eu beau se défendre dans les médias, l’étau s’est sérieusement resserré autour de lui à tel point que le président de la Ceni, Hery Rako­to­manana, a du écourter sa mission d’observation électorale en Guinée pour prendre sa défense mercredi au cours d’une conférence de presse où tous les membres de la Ceni faisaient bloc autour de leur vice-président. Histoire de montrer leur solidarité avec Thierry Rakotonarivo qui n’a fait que lire le rapport dressé à l’issue de l’Assemblée générale de la Ceni.

Entre deux feux

Hery Rakotomanana, ancien bâtonnier, a plaidé la cause de son vice-président arguant que les cartes d’identité aux numéros identiques, confondus à tort aux doublons par l’opinion, appartiennent à des individus différents et n’ont ainsi aucune influence sur les résultats du scrutin, que c’est une situation récurrente qui existe depuis plusieurs années, que l’objectif de la révélation était d’améliorer l’organisation des futures élections. Hery Rakoto­manana a déclaré haut et fort qu’il n’était pas question de démission de son équipe étant donné qu’aucune faute n’a été commise. Rien n’y fit.

La Ceni est prise entre deux feux. D’un côté il y a le pouvoir qui l’accuse d’acte de déstabilisation et affirme que l’existence de cartes d’iden­tité nationale aux numéros identiques est absolument impossible. Tous les barons du pouvoir se relaient à démonter la révélation de la Ceni.

De l’autre côté, l’opposition rassemblée au sein du RMDM que le HVM s’est empressé de rejoindre, conjoncture étant, a profité de l’aubaine providentielle pour réclamer à l’unisson l’annulation de toutes les dernières élections dont la présidentielle, les législatives et les municipales.

Les conséquences de la déclaration de la Ceni prennent ainsi de plus en plus d’ampleur. Les pressions politiques sont devenues intenables. Le président Hery Rakotomanana en a-t-il subi pour désavouer Thierry Rakotonarivo 48 heures après avoir pris fait et cause pour lui? C’est possible.

Le rapport de l’assemblée générale de la Ceni relève t-il donc d’une violation de serment ? Si tel était le cas, c’est tout le bureau de la Ceni qui devrait partir. Le fait est que la violation de serment figure parmi les fautes graves du règlement de la Ceni. Mais Thierry Rakotonarivo en a-t-il commis?

Contacté, le président de la Ceni Hery Rakotomanana n’a pas voulu commenter son acte préférant attendre la suite que la HCC daignera donner à sa saisine. Pour une fois, la HCC pourrait juger acceptable et fondée la demande. Le départ de Thierry Rakotonarivo est souhaité de part et d’autre de l’univers politique mais comme la démission est exclue, le représentant élu de l’assemblée nationale au bureau de la Ceni devrait peut-être passer par cette voie. On devra désormais s’habituer à faire sans lui.

Si la HCC le veut. On ignore pour le moment la position de Tsimbazaza face à cette éviction de son représentant qui a un mandat électif de six ans. Les deux autres vice-présidents, moins en vue jusqu’ici, Hervé Andriamia­rantsoa et Olivier Ramahadison prendront le relais. Le départ de Thierry Rakotonarivo ne constitue pas un obstacle au fonctionnement de la Ceni. Il passera désormais des nuits paisibles sans doublons et pas identiques. Il croise les doigts pour que la HCC exauce son vœu.

2 commentaires

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  • Il ne faut pas se perdre en conjectures ! Une analyse pertinente en fin politicien devrait dégager une ambigüité claire . Cette sortie médiatique du vice-président de la CENI sur les anomalies des numéros de CIN n’est pas fortuite et innocente . Il y a incontestablement un calcul politique diabolique . C’est un administrateur civil certes mais n’oublions jamais qu’il a été SG à l’intérieur du temps de Solonandrasana Mahafaly une pourriture du HVM . De la haute politique crasseuse si on ne perd pas de vue les incessantes postures inconvenantes et peu républicaines du président du sénat actuel .La fin du mandat de cette CENI dans deux ans et la perspective référendaire torpillant le sénat sont des éléments à intégrer pour mieux comprendre les visées déstabilisatrices qui sont incontestablement une réalité tangible . Il n’y a pas lieu à pourfendre l’attitude peu cohérente du président du CENI car c’est l’état de droit qui doit prendre le dessus sur toutes les interprétations partisanes de tout bord .Une intention réelle de créer le bordel est admis , point barre .

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