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Auto-écoles : Les formations laissent à désirer

Une séance de cours de conduite dans une auto-école de la capitale.

Les conditions de délivrance des permis de conduire ne suivent pas les normes européennes.

«Je n’ai fait que huit cours de conduite de quinze minutes, au lieu de quinze. Malgré cela, j’ai pu réussir l’examen de conduite. L’épreuve a été très facile. On roulait très doucement. On n’a utilisé que la vitesse première et la deuxième. On m’a demandé un simple démarrage en côte », témoigne Ny Hery Raha­rison, un conducteur qui a encore du mal avec les véhicules munis de boîtes manuelles. Son cas n’est pas isolé. D’autres conducteurs et transporteurs confient même qu’ils ont réussi les examens de code et de conduite sans avoir fait de cours, en offrant un pot-de-vin à leur auto-école. La qualité des formations dans la plupart des auto-écoles, l’état des véhicules qu’elles utilisent pour enseigner, le niveau des examens pour l’obtention du permis de conduire, laissent à désirer. Selon des observateurs, ce sont, « probablement », ces conditions de délivrance des permis de conduire, entachées par la négligence de certains responsables, qui ont poussé la France à ne plus accepter les permis de conduire malgaches. L’ambassade de France à Madagascar précise même, que « les conditions de délivrance des permis de conduire à Madagascar s’étant avérées, après examen, éloignées des critères européens intégrés dans notre propre réglementation ». « J’ai dû refaire des cours de conduite lorsque j’ai emménagé ici. Ici, le permis de conduire n’est pas donné à tout le monde. Tu dois rouler sur les autoroutes. Si par hasard tu oublies de t’arrêter sur un panneau indiquant le “stop”, tes points diminuent », témoigne une femme qui habite en France. Des responsables d’auto-école indiquent qu’ils font déjà de leur mieux pour améliorer les formations. La normalisation des auto-écoles est déjà prévue, mais cette reforme divise les concernés.

Normes internationales

Le ministre de l’Intérieur et de la décentralisation, Tianarivelo Razafimahefa de préciser, en outre, que « ce n’est pas le document qui est remis en cause, mais les conditions de délivrance ». Le chef du centre d’immatriculation d’Antananarivo, Briand Philippe Randria­mahafehy, indique que son département ne se charge que de la délivrance du document. Dieudonné Razafindrazaka, le directeur général de l’Hephalu Mada, la société qui fournit les imprimés de permis de conduire biométrique à l’Etat affirme, par ailleurs, que « nos permis de conduire respectent les normes internationales. Les policiers de la route qui font le contrôle sauront tout de suite, qu’il s’agit d’un permis de conduire international », martèle-t-il. Dans son communiqué, l’ambassade de France n’a pas, d’ailleurs, remis en cause le document biométrique délivré à Madagascar.

3 commentaires

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  • Comme chacun le sait : plus de 80% des permis en circulation dans la capitale ont été obtenus par le kolikoly dans les auto-écoles ! et plus de 90% des conducteurs ne connaissent pas le code de la route et ne savent pas comment aborder un carrefour avec priorité à droite ou comment entrer dans un rond-point, qui a la priorité de l’anneau ??? ne savent pas ce qu’un stop ou une balise cédez le passage ??

  • Le commentaire de Tino est exact. Dans ce pays on ne respecte pas du tout le code de la route.
    Le pire est que les chauffeurs ne respectent même pas les piétons. on doit courir à Madagascar pour traverser la route en plein centre ville au risque de se faire écraser sous prétexte qu’il n’y a pas de passage piéton.

    En France même si il n’y a pas de passage piéton, ce dernier reste prioritaire et d’ailleurs dès qu’un piéton engage la traversée, les automobilistes ont l’obligation de s’arrêter, c’est le code de la route qui le dis.
    Mais pourquoi à Madagascar des automobilistes préféreraient tuer des piétons au lieu de s’arrêter quelques secondes.

    Le 08 janvier 2020, j’étais à Antananarivo en vacance avec une ami martiniquaise précisément à analakely en face du grand gastro pizza (hotel pietra), un ami a failli se faire écraser par un cortège de policier qui escortait soit un ministre ou le président.

    Elle a frôler la mort et en cadeau un policier qui lui gueule dessus en lui disant qu’elle n’a pas le droit de traverser quand des personnalités pareils passent.
    j’étais stupéfait par le comportement de ce policier. comment un citoyen lambda peut être au courant de ce genre d’information. Mais hélas les gens qui étaient sur place donnaient raison au policier.

    C’est vraiment triste.

  • Sans parler de tous ceux qui conduisent…..sans permis !! et donc sans assurance !
    Un GROS TRI doit être faire, c’est IMPERATIF.

    D’accord avec cet article, il ne faut pas noyer le poisson bien sur car il est mis en cause QUE la façon d’enseigner et les pots de vin, encore si courants dans le pays…