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Chronique

La communication par l’action

Nota : Cette Chronique date du 10 février 2017, mais a malheureusement gardé une dramatique réalité. Quand l’adduction d’eau de la JIRAMA, au coeur même de la Capitale Antananarivo, en est réduite au va-et-vient de camions-citernes estampillés «Jirama Water Supply», on ne peut que nourrir des regrets éternels pour ces décennies perdues à n’avoir pas créé d’autres lacs artificiels, d’autres Mandroseza (alors qu’on remblaye activement les au moins 6 hectares du lac de Dorodosy, au Sud-Est d’Antananarivo), par de nombreuses saisons de pluies torrentielles qui s’en sont allées à la mer. Ceci est une communication sur la durée. Pour notre mémoire. Contre l’amnésie. Et pour l’avenir. Qui n’exonère pas de réalisations, actuelles, tangibles, concrètes, utiles, pérennes.

(Début de citation) La meilleure communication qui soit, c’est une belle réalisation qui fasse taire immédiatement toute critique. Bien entendu, en l’absence de tout vrai «zava-bita», on pourrait être tenté de gouverner par communiqué. Énième communiqué du Conseil des Ministres mettant en majuscules l’ordre de faire cesser le délestage. Énième communiqué de la société JIRAMA démontrant par l’absurde la non-réalisation d’un ordre impossible.

La JIRAMA, la société de l’eau et de l’électricité, de levier fondamental du développement, est devenue le maillon faible du dispositif de l’État malgache. On ne saura sans doute jamais, au même titre qu’on a renoncé à connaître l’aboutissement de l’enquête sur l’incendie du Rova ou les conclusions des enquêtes sur les commanditaires et principaux bénéficiaires d’une presque décennie de trafic à échelle industrielle du bois de rose, comment et par qui la JIRAMA a sombré. Comment une société, évoluant dans un secteur devant faire la part belle aux recherches et développements, a pu se fourvoyer dans le cul-de-sac de l’absurde mais immédiatement disponible énergie thermique, aux dépens de la moderne mais sans cesse ajournée énergie renouvelable.

Comment un pays, qui avait prétendu faire de l’industrie son moteur, a pu se laisser prendre en otage par l’électricité privée, et thermique, des revendeurs de groupes éléctrogènes. Là, non plus, on ne saura sans doute jamais comment la JIRAMA, comme Air Madagascar, comme tant d’autres sociétés d’État a pu profiter à quelques uns au lieu d’être l’affaire de tous. La SOSUMAV produisait notre sucre, la SEVIMA nos conserves : autant de choses et d’autres que nous importons désormais depuis des pays que nous nourrissions, hier, encore, mais qui ont su opérer le gap qualitatif d’un tiers-monde de matières premières à une économie de transformation.

Ce n’est un mystère pour personne que, si la JIRAMA, aujourd’hui, doit jongler avec le concept d’étiage et la réalité de la sécheresse avec des installations à la vétusté avancée, c’est parce que les investissements indispensables n’avaient pas été réalisés à leur échéance. Une Chambre des Comptes mise au pas, une Assemblée Nationale complice, une société civile inexistante, et des bailleurs à fonds perdus.

Et c’est la banque de sang qui voit menacée sa chaîne de froid. Et c’est un transformateur à Itaosy (ou à Vontovorona. Quoique. Calibré pour la consommation d’un nombre déterminé de vrais étudiants, sait-on combien de quadruplants ou de familles à demeure en profitent indûment ?) qui tombe en panne. Et c’est la chambre froide du centre FOFIFA au milieu de la plaine de Moriandro, au Sud-Ouest de Mahitsy, qui devrait célébrer cette année ses trente ans d’existence, qui prive notre laboratoire du riz d’un outil-clé de ses recherches.

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