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Explosion à la centrale d’Andekaleka – Enquête sur un incendie criminel

Le  ministre  Herilaza  Imbiki ( au centre) lors de la conférence de presse, hier.

Les autorités ouvrent une enquête sur les circonstances du feu qui a causé l’explosion d’un transformateur d’une puissance de 30 Mégawatts à Andekaleka. La thèse d’un incendie criminel est retenue.

Un incident suspect. En substance, telle est la position des tenants du pouvoir concernant l’incendie qui a mis hors service un transformateur d’une puissance de 30 Mégawatts, dans le central d’Andekaleka, dimanche.

«Sur consigne du président de la République et du Premier ministre, une enquête spéciale est ouverte pour déterminer ce qui s’y est réellement passé», déclare Herilaza Imbiki, ministre de la Justice. Durant une conférence de presse au siège de son département, à Faravohitra, hier, le Garde des Sceaux a indiqué que les investigations sont diligentées par le parquet du Tribunal de première instance (TPI), de Toamasina. «Une enquête concernant un incendie criminel est ouverte», ajoute-t-il.

À entendre le Garde des Sceaux de la République, des experts chargés de mener une enquête de police scientifique et technique seront dépêchés sur le site de la centrale d’Andekaleka afin de faire la lumière sur les circonstances réelles des faits. S’en tenant aux explications du ministre de la Justice, le fait qu’il y a eu une explosion du transformateur motive les suspicions des autorités quant à la probabilité que l’incendie soit d’origine criminelle. «Il est très rare qu’un appareil de ce type subisse une explosion», souligne le membre du gouvernement.

Toujours suivant les dires du ministre Imbiki, les conséquences de cet incendie sur la quiétude et l’ordre public ont, aussi, amené l’État à demander l’ouverture d’une enquête.

Sabotage?

«Le ministère de la Justice est également partie prenante dans la préservation de l’ordre public. Et les dysfonctionnement dans l’approvisionnement en eau et électricité entraînent des conséquences sur l’ordre public», affirme le Garde des Sceaux.

La société Jirama a des difficultés à approvisionner correctement en électricité les usagers. Une situation qui entraîne des grognes et des manifestations dans certains quartiers des grandes villes, notamment à Antana­narivo. Un transformateur de 30 Mégawatts hors d’usage n’a fait qu’enfoncer le clou.

Depuis dimanche, les usagers qui sont alimentés en électricité via la centrale d’Andekaleka subissent des délestages allant jusqu’à trois heures, deux à trois fois par jour, sans compter les microcoupures qui font des dégâts irréversibles sur divers matériels électriques. À part les risques en matière d’ordre public, les conséquences économiques sont, aussi, importantes.

Les grandes entreprises tournent au service minimum. Celles qui ont des groupes électrogènes doivent revoir à la hausse les coûts de production et les charges.

Les petites et moyennes entreprises tant formelles que les informelles, qui font vivre des millions de ménages sont pratiquement à l’arrêt la majeure partie de la journée. «J’ai décidé de ne pas ouvrir du tout aujourd’hui. Ce n’est pas la peine puisqu’il n’y a pas de client. Ils ont peur du délestage et en plus on ne sait plus exactement combien de temps la coupure peut durer. Il y a aussi un risque pour le matériel», déplore un coiffeur dans le quartier de Soavimasoandro. Sans énergie, pourtant, il est difficile d’envisager un développement économique.

L’État d’autant plus, compte miser sur l’industrialisation du pays. Les industries dépendent, pourtant, d’un approvisionnement énergétique performant. Dans les débats concernant les problèmes de la Jirama sur la question de l’électricité, il y a le volet financier qui est une évidence. D’autres courants avancent, également, la thèse du «sabotage», face à certains cas de figures. L’enquête ouverte sur l’incendie d’Andekaleka devrait permettre de confirmer ou infirmer cette idée.

Au sujet de l’enquête diligentée par le parquet du TPI de Toamasina, le ministre de la Justice rapporte que quatre personnes ont déjà été entendues, «mais en tant que témoins». Il y a, notamment, les hommes chargés de la sécurité de secteur où se trouve le transformateur avant et au moment du déclenchement de l’incendie. «Nous ne sommes encore qu’au début de l’enquête. Il n’y a pas encore de suspect», précise, par ailleurs, Herilaza Imbiki.

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