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Editorial

Anormal

On les appelle les normaliens. Ce sont les étudiants qui se destinent à devenir enseignants dans les collèges et lycées après trois ou quatre ans de formation. L’État crée l’École normale des instituteurs, ex- Le Myre de Vilers à Mahamasina et l’École normale supérieure à Ampefiloha dans les années 70- 80. L’objectif est d’avoir des enseignants de qualité dans tous les cycles de l’enseignement en cohérence avec la politique de l’éducation tracée dans le fameux Livre rouge de Ratsiraka. On ignore si l’option a changé avec la culture de la médiocrité et le nivellement par le bas qui minent l’éducation et l’enseignement depuis quelques années, toujours est-il que les enseignants sont devenus les parents pauvres des républiques successives et parmi les fonctionnaires. Si les écoles recrutent toujours par concours, une promotion chaque année, les enseignants diplômés ont été déconsidérés. À l’ANS Ampefiloha, ils sont près de mille cinq cent enseignants depuis…1996 à attendre un poste. Ils viennent de Toliara, Fianarantsoa, Antsiranana et Antananarivo. À Ankatso, les promotions de l’École supérieure en éducation physique et sportive s’entassent également. Ils sont aussi des milliers à végéter depuis plusieurs années. Certains ont choisi de refaire des études dans d’autres domaines.

Depuis 2014, les enseignants tirent la sonnette d’alarme sur leur cas en descendant dans la rue comme hier. En vain. Il n’y a pas de postes budgétaires pour les caser. En 2014, l’État sur financement de la Banque mondiale, décide de recruter quarante mille enseignants non qualifiés. Ceux qui ont fait quatre ans de formation supérieure sont restés sur le carreau. Ils ne seront jamais prioritaires dans tous les recrutements successifs. On les prend par compte-goutte.

Une situation aberrante dans un contexte où la relance de l’Éducation figure parmi les «velirano» du président de la République et surtout l’une de ses priorités sinon sa priorité. C’est la raison pour laquelle certaines banderoles brandies par les étudiants ont fait appel à lui. L’appel n’est certainement pas tombé dans l’oreille d’un sourd. L’État n’a pas intérêt à dépenser de l’argent pour la formation d’enseignants qualifiés pour recruter par la suite des enseignants tout venant. Les conséquences sont palpables à travers le taux de réussite aux examens.

Si l’erreur est humaine, la bêtise est un crime contre la nation.

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