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Puces électroniques – Les zébus tracés en deçà des prévisions

Des éleveurs sont sceptiques quant au déploiement à grande échelle des puces électroniques pour les zébus

L’objectif de traçabilité des zébus et de lutte contre leur trafic avance à petits pas. Quelques cheptels seulement sont implantés de puces électroniques.

Encore loin du compte. Les dernières statistiques évaluent le nombre de têtes de zébus à près de neuf millions dans toute l’île. L’État malgache, dans sa stratégie de lutte contre l’insécurité et de traçabilité des zébus, prévoit de mettre en place jusqu’en 2023, des puces électroniques, dans au moins cinq cent mille têtes de zébu. Trente mille têtes par an environ font l’objet de vol dans le pays. Le lancement des puces électroniques a démarré en mai 2019 avec cinquante têtes dans la région de Bongolava. Le chronogramme d’exécution de la mise en place des puces électroniques, pour une géolocalisation permanente et en temps réel, a quelque peu décalé pour des raisons de coordination entre les ministères et entités concernés par le projet, observé au mois de septembre 2019.

Dix mille puces électroniques ont été prévues être implantées jusqu’à la fin de l’année dernière.
« L’implantation de ces puces électroniques appelées bolus géolocalisables continue dans certaines zones telles que Menabe. Cinq mille bolus géolocalisables sont en cours de dédouanement et seront déployés ce mois-ci » explique Michel Anondraka, directeur général de l’Élevage auprès du ministère de l’Agriculture, de l’élevage et de la pêche (MAEP). Il précise que ces bolus géolocalisables sont à implanter dans un ou deux zébus d’un troupeau spécifique afin de permettre de localiser l’endroit exact du troupeau.

Base de données
En parallèle, un autre système d’identification des zébus a été mis en œuvre. Les boucles d’oreilles classiques des zébus, exigées dans toute transaction commerciale normale des bovins sont changées en boucles à lecture électronique. « Ces boucles constituent les cartes d’identité individuelles des zébus leur permettant d’obtenir la Fiche d’identification des bovidés (FIB) ou encore le suivi sanitaire réalisé par les vétérinaires. Elles sont électroniques, indélébiles et infalsifiables et sont insérées sur les deux oreilles du bovin. Pour ce premier semestre 2020, le ministère prévoit d’implanter cent cinquante mille boucles d’oreilles électroniques dans ces régions pilotes, à savoir Bongolava, Menabe, Haute Matsiatra, Ihorombe et Sud-Ouest » précise le directeur général de l’Elevage.

Aussi, les bolus géolocalisables permettent-il d’identifier le chemin emprunté par un cheptel mais les boucles d’oreilles électroniques sont individuelles à chaque zébu. Cette phase expérimentale de traçabilité électronique et d’identification électronique est gratuite pour les éleveurs. La mise en place de cette technologie alternative de boucles électroniques remplaçant les boucles manuelles sera accompagnée d’une réforme des textes règlementaires sur la FIB. D’autres régions telles Anosy et Androy seront concernées.

Les puces géolocalisables sont indiquées ne présenter aucun risque ni pour l’animal ni pour la viande de consommation. Plus d’un éleveur attendent le déploiement des puces électroniques mais le ministère fait savoir qu’une évaluation se fera d’abord, cette année, pour décider de la forme de la mise en échelle du déploiement.