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Editorial

Défense de savoir

Les proches du petit garçon retrouvé mort après avoir été arrêté par des militaires de la Bani, il y a cinq mois vont manifester au tribunal Anosy lundi pour réclamer justice. Malgré une plainte déposée en bonne et due forme, la justice n’a donné aucune suite à cette affaire sous prétexte que la hiérarchie militaire n’a pas autorisé la poursuite des prétendus meurtriers.

Les amis et proches de la victime se sont sentis désemparés et anéantis ne sachant plus à quel saint se vouer pour faire bouger l’enquête. Puis il y eu la manifestation des amis et proches de Kevin, le jeune ressortissant chinois fauché mortellement sur sa moto par un 4×4 conduit par une dame il y a un mois à Ambohibao. Pendant deux jours amis et proches de Kevin étaient venus en masse au tribunal brandissant des banderoles réclamant l’éclatement de la vérité. La dame avait recouru à des images vidéo pour prouver son innocence mais la pression de la foule était si intense que les juges ne pouvaient pas aller dans le sens opposé à l’évidence. L’image vidéo montrait d’ailleurs qu’elle avait et bien fauché le jeune écolier.

Les proches de Nasandratra Valimbavaka ont repris de l’espoir et veulent en faire autant. On ignore si cette initiative aura une suite heureuse comme dans le cas de Kevin. Le fait est qu’ici on a affaire à des militaires dont le statut exige que leur patron délivre une autorisation de poursuite pour que le tribunal puisse agir. Jusqu’ici et pour des exactions de la même espèce commises par des militaires à Tsiroanomandidy, à Mampikony ou ailleurs il n’y a jamais eu autorisation de poursuite. L’affaire avait été réglée de gré ou de force.

Récemment le président de la Haute cour constitutionnelle a demandé au ministre de la Justice qu’on rouvre le dossier Michel Rehavana, magistrat tué par des policiers en pleine audience à Toliara le 9 décembre 2011. Là aussi, il n’y a jamais eu de procès.

Pour une justice qui veut reconquérir la confiance de l’opinion et de la population, qui veut retrouver une crédibilité au niveau international, il y a encore du chemin à faire. Tout le monde doit d’abord être logé à la même enseigne. Il ne devrait pas y avoir de traitement de faveur pour différentes catégories de personnes et de fonctions, de soustraction à la justice de par sa catégorie professionnelle. Le principe général du droit est que personne n’est au dessus de la loi. C’est juste ahurissant cette affaire de la Bani. Il y a eu meurtre et on fait tout pour étouffer l’affaire. C’est d’autant plus révoltant que l’intégrité de l’État n’est pas menacée. Il n’y a donc pas raison d’État pour ne pas engager une enquête. Et on a dû à comprendre l’attitude de la hiérarchie militaire de vouloir protéger à tout prix des auteurs d’exactions qui ternissent d’ailleurs l’image de l’armée.

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