Océan indien

Législatives à Maurice : Le Premier ministre espère raffermir son pouvoir

Les Mauriciens sont appelés à voter jeudi pour les législatives. Pour la première fois en quatre décennies, elles opposent trois blocs distincts.

Quelque 941 000 électeurs inscrits sont attendus aux urnes pour les 11e élections législatives sur l’île Maurice, une démocratie stable de l’océan Indien, depuis son indépendance du Royaume-Uni en 1968.

L’enjeu principal est la reconduction ou non de Pravind Jugnauth, 57 ans, qui avait succédé à son père Anerood Jugnauth en 2017 en tant que chef du Mouve­ment socialiste mauricien (MSM), le principal parti de la coalition au pouvoir, sans passer par des élections.

Sir Anerood, un cacique de la vie politique mauricienne (Premier ministre de 1982 à 1995, de 2000 à 2003, et président de la République de 2003 à 2012), avait décidé de passer la main deux ans avant la fin de son mandat, après avoir été élu en 2014.

Cette succession avait donné lieu à des débats passionnés sur l’archipel. L’opposition ne s’était pas privée d’en dénoncer le caractère monarchique et avait réclamé avec virulence des élections, sans les obtenir.

Elle n’a pas changé d’angle d’attaque pendant la campagne actuelle. L’ancien Premier ministre Navin Ramgoolam (1995-2000 et 2005-2014) a déclaré vouloir «libérer le pays de l’emprise du clan Jugnauth».

«Le peuple mauricien aura la possibilité de barrer la route, une fois pour toutes, à la corruption, au népotisme, à la perversion de nos institutions et au détournement des fonds publics», a affirmé M. Ram­goolam, dont le père, Seewoo­sagur, avait lui-même été Premier ministre entre 1968 et 1982.

Bilan contre affaires

Chef du Parti travailliste (PTr), M. Ramgoolam, blanchi dans dix des onze procès intentés contre lui ces quatre derniers années, le dernier étant encore en suspens, est à la tête de l’Alliance nationale, de centre-gauche, constituée avec le Parti Mauricien social-démocrate (PMSD) de Xavier-Luc Duval.

Pour la première fois depuis 1976, ces élections mettront aux prises trois blocs et non deux: l’Alliance nationale de M. Ramgoolam, l’Alliance Morisien (AM, centre-droit) de M. Jugnauth et le Mouvement militant mauricien (MMM) de Paul Bérenger, ancien Premier ministre (2003 et 2005) et ancien allié de M. Ramgoolam en 2014.

Il n’est pas exclu que personne n’obtienne la majorité absolue et qu’une alliance doive être formée après le scrutin.
M. Bérenger a lui aussi dénoncé le piège dynastique de «papa-piti» (de père en fils) et jugé que le bilan de M. Jugnauth était «parsemé de scandales de toutes sortes».

Plusieurs ministres ont été mis en cause dans des affaires ces dernières années, et la présidente de la République, Ameenah Gurib-Fakim, choisie par la coalition au pouvoir, a dû démissionner en mars 2018 pour son implication dans un scandale financier.

M. Jugnauth a tenté de faire oublier cet épisode et les circonstances de son arrivée au pouvoir en mettant en avant un bilan dominé par la modernisation des infrastructures publiques, avec la construction d’un métro léger dont le premier tronçon devrait commencer à fonctionner en décembre.

Il a également vanté ses mesures sociales: introduction d’un salaire minimum (environ 215 euros par mois).

 

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