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Conjoncture – Le rapport sur la corruption accable les politiques

Deux rapports économiques clés de l’Union africaine mettent en exergue les lacunes qui freinent le développement du secteur privé.

Alarmant. Les rapports de la Commission de l’Union africaine présentés hier au ministère des Affaires Etrangères accablent la prolifération de la corruption à tous les niveaux du système de développement du continent. Le rapport « Dynamiques du développement en Afrique 2019 » ainsi que celui de la lutte contre la corruption et les flux financiers illicites (FFI) ont ainsi été présentés publiquement en marge du onzième forum du secteur privé africain. Les études rapportées indiquent que l’Afrique perd chaque année un peu plus de 50 milliards de dollars dans ces flux financiers illicites. Le rapport fournit une analyse de la situation de la corruption et des flux financiers illicites (FFI) sur le continent et présente les meilleures pratiques des pays et les expériences des organisations internationales en matière de mobilisation des ressources nationales et d’optimisation de la collecte des impôts, de lutter contre la corruption et le renforcement de la coopération fiscale. « Dans la plupart des cas, c’est nous-mêmes africains, qui encourageons la corruption en faveur des grandes multinationales qui viennent s’implanter chez nous et qui parfois s’abstiennent de se soumettre à notre système fiscal un cas de figure dans lequel Madagascar ne fait pas exception », lance Victor Harison, commissaire aux affaires économique de l’Union Africaine.

Une façon pour ce responsable d’inciter les États membres à utiliser les ressources ultérieures mobilisées et à optimiser les dépenses disponibles afin de contribuer à réduire la dépendance vis-à-vis des ressources extérieures, à réduire l’écart de ressources pour le développement de l’Afrique, à favoriser la croissance économique, à créer des emplois et à réduire considérablement les inégalités.

Transparence

« Les entreprises africaines sont la clé de la transformation économique du continent, mais elles ont besoin que les pouvoirs publics mettent en place des conditions plus favorables pour qu’elles puissent prospérer », ajoute le commissaire aux affaires économiques. Par ailleurs, ces estimations de perte de 50 milliards de dollars annuelle causée par ces flux illicites sont bien loin de la réalité vu que des données précises n’existent ni pour les transactions ni pour tous les pays africains. Le manque de transparence représente ainsi la principale source de cette problématique qui se reflète le plus souvent par le biais des activités commerciales telles que des prix de transfert abusifs, la sous-facturation commerciale, l’esquive des droits de douane et des prélèvements domestiques en passant par des activités criminelles y compris le blanchiment d’argent et enfin de la corruption et l’abus des pouvoirs.