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Editorial

Pollution sans solution

La capitale enrobée dans une fumée de brumes. Vu de loin depuis la RN 1 ou la RN7 on voit nettement une colonne de gaz carbonique émanant de la ville. Cela fait plusieurs années que l’on peut observer le phénomène dès que la saison chaude commence, que les feux de brousse battent leur plein, que les briquetiers entament leur période de prédilection. Le ministre de l’Environnement a beau interpeller la population, responsable de cette situation selon elle, on n’a jamais pris au sérieux les conséquences de la pollution sous toutes ses formes. D’une année à l’autre, le drame prend davantage de l’ampleur mais on continue à se la couler douce. On ne montre pas assez de détermination ni de volonté pour éradiquer le problème.

En 2015, l’État avait pris un décret interdisant l’usage des sachets en plastique. Les fabricants de cet accessoire avaient un an pour se conformer aux normes fixées par le ministère concerné. Un an après, c’est le décret qui a disparu mais les sachets en plastique ont survécu devenant même un business florissant puisqu’on doit l’acheter alors qu’avant le décret, ils étaient gratuits dans les hypermarchés. On ignore combien de pièces les usines en fabriquent chaque année, combien finissent dans les égouts pour boucher les canaux d’évacuation, sur les plages, dans la mer…

Au Rwanda, les sachets en plastique sont formellement interdits. Les Rwandais sont revenus aux sachets en papier facilement biodégradables.

À Tana, il existe encore des usines en plein centre ville. Certaines dégagent de la fumée noire aggravée par une odeur suffocante, d’autres déversent leurs eaux usées dans les canaux d’évacuation dont certains se servent pour les besoins ménagers. Elles étaient construites à un moment où il n’y avait pas assez d’habitations autour. Avec l’extension sauvage de la ville, une mise à jour de l’impact environnemental aurait du être faite.

Que dire également des voitures diesel qui n’ont plus de filtre à air et qui polluent l’atmosphère à chaque accélération. Les responsables de la visite technique ont adopté le télétravail bien avant le confinement. Ceci explique cela.

Ailleurs, pour limiter la pollution, on se met de plus en plus à la voiture électrique. Un luxe qu’on ne pourra pas se permettre pour le moment, étant donné que pour alimenter une ampoule, on a toutes les peines du monde.

La pollution est certes l’affaire de tout le monde mais il faut d’abord une politique volontariste de l’État pour sauver ce qui peut encore l’être. Avant qu’il ne soit trop tard.

1 commentaire

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  • Constat accablant.
    Nul ne peut ignorer les embouteillages permanents dans la capitale, ni effectivement une myriade de véhicules extrêmement polluants engendrant une pollution atmosphérique quotidienne dont les conséquences se manifesteront inévitablement sur la santé de ses habitants. Il conviendrait probablement de réfléchir à une forme de transport complémentaire pour lutter contre le fléau, le transport par câbles. L’ effet serait immédiat, désengorgement du réseau routier entrainant une fluidité progressive de la circulation, synonyme de bienfaits multiples, tant sur la santé physique que psychologique des citadins, désormais moins exposés à la pollution d’un côté, et plus maîtres de leur temps de l’autre, un phénomène constaté partout ailleurs où ce type de transport a été adopté, contribuant à l’amélioration de la qualité de vie.

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