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Soamahamanina – Jiuxing Mines déménage du matériel

Les informations sont confuses sur les activités de la société Jiuxing Mines de ces trois derniers jours. Certaines sources affirment qu’elle commencerait à quitter, d’autres indiquent que seuls quelques engins seraient déménagés dans la capitale.

Retrait ou pas. Telle est la question qui taraude depuis hier, face à plusieurs informations qui fusent sur la décision de la société Jiuxing Mines sur la suite de son projet d’exploitation minière, à Soamahamanina.
Les usagers de la RN1 ont croisé des camions trans­portant des engins et d’au­tres matériaux, mardi soir. Il s’avère, après recoupement, qu’il s’agit de véhicules appartenant à la société Jiuxing Mines, transportant du matériel en provenance des mines de Soa­ma­hamanina. L’infor­mation selon laquelle la société d’exploitation minière chinoise se serait retirée de la commune rurale a fait le tour des rédactions et des réseaux sociaux.
« Ils ont effectivement quitté le site. Il ne reste plus que les habitations construites pour les travailleurs », déclare Théophile Rabesahalasoa, maire de la commune rurale de Soamaha­manina, joint au téléphone, hier soir. Selon ses dires, l’entreprise chinoise a commencé à transporter ses engins et matériaux à Antananarivo, lundi soir. Contacté, le lieutenant colonel Honoré Randria­nantenaina, commandant de groupement de la gendarmerie nationale dans la région Itasy, indique, lui aussi, que « le transport de matériel vers Antananarivo a commencé  lundi soir ».
Les va-et-vient de poids lourds sur la RN1 pourraient toutefois n’être qu’un simple déménagement de matériaux. La question selon laquelle il s’agit d’un retrait définitif ou temporaire de la société d’exploitation minière du site de Soama­hamanina reste, jusqu’ici, sans réponse. Contactés à plusieurs reprises, les principaux responsables au ministère auprès de la présidence chargé des Mines et du pétrole ont été injoignables hier.

Apaisement
La seule source, au sein de ce département ministériel qui a pu être jointe, hier, n’a fait que confirmer les dires du maire de Soamaha­manina et du commandant de groupement de la gendarmerie nationale dans la région Itasy. « Le seul habilité à répondre à la question sur le retrait définitif ou temporaire est le ministre », indique la source avisée. D’après le lieutenant colonel Randria­nantenanina, il a eu vent que ce déménagement résulterait d’une requête de l’ambassade de Chine auprès de la société Jiuxingg Mines.
Un responsable auprès de la représentation diplomatique sise à Nanisana, contacté a, toutefois, répliqué qu’il n’était pas à même de répondre à la question sur la situation des sociétés chinoises à Madagascar. Là aussi, l’information n’est, jusqu’à présent, pas confirmée. Dans son allocution durant la célébration du 63e anniversaire de la Répu­blique populaire de Chine, Yang Xiaorong a mis l’accent sur l’importance de la stabilité pour le développement.
« Depuis les élections présidentielles et législatives de 2013, Madagascar se débarrasse progressivement des influences de la crise politique pour se diriger vers la voie du développement. (…) Je souhaite, du fond du cœur que Madagascar puisse maintenir longuement la stabilité (…) », a, entre au­tres, déclaré la diplomate en réaction aux fortes contestations villageoises de Soamahamanina, et elle a toujours martelé que les entreprises s’efforcent de respecter les lois malgaches.

Manifestation maintenue

Bien que la société Jiuxingg Mines ait déménagé ses engins et matériaux de Soamahamananina, les dernières informations indiquent que les habitants de la commune rurale maintiennent la manifestation qu’ils comptent tenir ce jour. Un mouvement de contestation où ils ont convié les autres communes de la région Itasy, les organisations de la société civile, ou encore les entités politiques. Le principal leitmotiv devrait toujours être le retrait définitif de l’exploitant minier. La revendication de la libération des présumés leadeurs des manifestations placés en détention préventive à Antanimora, devrait aussi être scandée. Quant au dispositif de sécurité prévu par les forces de l’ordre, le colonel Randrianantenaina a été quelque peu dis­cret. Il déplore, cependant, le fait que les actions de certains journalistes qui projettent de grossir les rangs des manifestants tendent à mettre le feu aux poudres.

Garry Fabrice Ranaivoson

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