Notes du passé

Un début rapide de modernisation de la capitale

Alliant modernisme et tradition, Antanana­rivo vit sa première crise de logements au début du XXe siècle, avec l’afflux des Européens et des Malgaches (lire précédente Note). Pourtant, 8 806 permis de bâtir sont délivrés au 1er octobre 1903. On compte, de 1950 au 31 juillet 1955, 6 156 permis de bâtir et 4 202 maisons sont effectivement construites.

La circulation devient active dès 1898, Antananarivo ne compte alors qu’une quarantaine de charrettes à bœufs, une voiture de plaisance et une douzaine de bicyclettes. La bicyclette apparait à Andohalo en 1896, et dès 1902, les Malgaches de la ville en ont déjà plus de 200. Le boulevard circulaire se perfectionne et dès 1898, Gallieni y fait sa promenade quotidienne. La construction du tunnel Garbit à Analakely commence en 1914, il est achevé dix ans plus tard.

En 1918, une commission d’urbanisme est créée. L’architecte de la Colonie, Géo Cassaigne, est chargé de présenter un plan d’ensemble pour l’aménagement et l’assainissement de la capitale. Il faut cependant attendre une dizaine d’années pour que soit élaborée la législation nécessaire, celle qui devrait permettre, en particulier, l’expropriation pour cause d’utilité publique et le contrôle sanitaire. L’exécution laissée d’abord à la charge des budgets locaux, bénéficie du « grand emprunt colonial » voté par le Parlement français en 1930. En 1948, la mairie d’Antananarivo délivre 40 000 cartes grises aux voitures en état de marche et 9 000 autres environ sont immatriculées. Au 15 aout 1955, 17 720 véhicules sont en circulation. Les services publics d’autobus urbains transportent chaque mois 130 000 à 140 000 voyageurs. Le tunnel Cayla à Ambanidia est mis en service en 1938. Les faubourgs s’allongent suivant les grands axes: à l’ouest, sur celles de l’abattoir et de Miari­narivo; au-delà d’Antanimena, sur celle de Mahajanga; au nord, sur celle d’Ambohimanga; et sur la digue de Besarety qui franchit le marais de l’Est, vers Toamasina.

Dans les quartiers d’Isotry et d’Ambondrona, la densité à l’hectare atteint 200 et même 300 habitants. Dans celui de Behoririka, 2 911m de rues, couvrant une surface totale de 26 365m² de chaussée, viennent d’être empierrées, cylindrées et bitumées. Elles sont bordées de 5 822m de trottoirs et nécessitent 3500m² de revers pavés. Au 31 décembre 1954, Antananarivo possède 110 443m de voies communales pavées, bitumées ou empierrées, 250km de sentiers publics et environ 4 500m de routes en construction.

La distribution de l’électricité et de l’eau est concédée, au début du XXe siècle, à une société anonyme métropolitaine qui en reçoit le privilège exclusif pendant cinquante ans. Elle confie les travaux à une entreprise parisienne qui les commence en 1906. Un barrage de 170m de long est établi sur la Varahina, Ikopa. L’usine électrique est achevée à la fin de 1909. Le barrage de Mantasoa, destiné surtout à l’irrigation du Betsimitatatra, est achevé en 1939. Mais c’est le 1er janvier 1911 que l’eau de Mandroseza parvient aux premières bornes-fontaines. On en compte 200 au début de 1955. Au cours de cette année, la consommation d’eau s’élève à 7 400 000m3 environ, et celle de l’électricité, à 29 144 504 kW/h. Deux nouveaux barrages sont en cours de construction la même année, l’un à Tsiazom­paniry, l’autre sur la Mandraka.

Le bilan à la fin de l’année 1954 est constitué de plusieurs réalisations, dont le stade municipal avec ses tribunes et ses nombreux aménagements sportifs, terrains de foot, de basket, de volley, de hand, courts de tennis, douches, vestiaires, etc. Le système de sonorisation et de signalisation est également aménagé avec la mise en place de 16 haut-parleurs.

Par ailleurs, on peut aussi citer les chambres froides, la triperie Lambert, de nombreux logements, la Cité-jardin de Mahamasina, le marché de gros à Isotry avec une surface totale de 950m² mis en service en octobre 1952, la halle pour le marché d’Isotry (675m²) fonctionnelle à partir de septembre 1953.

Comme réalisation, il est aussi question du Pont Joffre (22,15m) mis en service le 19 mars 1954, la cité Saint-Denis comprenant 105 logements, sans oublier les bâtiments bains-douches, les lavoirs, les bornes-fontaines, les WC et le chauffage au mazout…

Des travaux sont aussi effectués en ce qui concerne les égouts de la capitale, dont la longueur passe de 36 294m en 1925 à 160 184 au 31 décembre 1954. L’assainissement est assurément l’un des problèmes les plus importants, sinon le plus inquiétant de l’agglomération en 1955. La ville dispose d’un unique réseau d’évacuation, dont l’implantation n’a fait l’objet d’aucun plan d’ensemble. Il est disposé et raccordé de façon empirique.

1 commentaire

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  • Plan d’ensemble pour l’aménagement et l’assainissement de la capitale…
    j’ai 60 ans et je n’ai vu depuis 60 ans que des bricolages et des aménagements ponctuels…..jamais un plan directeur homogène qui tient compte des flux logistiques ou économiques….au minimum qui teint compte des besoins de la population..juste des plans parachutés et subventionnés par des organismes prédateurs…