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Urgences – Les grands travaux du gouvernement

La  hausse  annoncée  du frais  du transport  en commun  est un  coup  de  massue  pour  les usagers.

Plusieurs foyers de tension et la perspective de la hausse du prix du carburant pèsent sur la conjoncture nationale. Une situation crisogène qui place l’Exécutif face à une obligation de résultat.

Des solutions et vite. La situation impose que l’Exécutif apporte des réponses idoines et rapides. Et il y a du pain sur la planche. Le premier défi en ligne de mire est de faire passer la pilule de la hausse du prix du carburant et d’éviter qu’elle ne déclenche une réaction en chaîne pour aboutir à une forte inflation générale. Déjà, les transporteurs urbains et maintenant ceux qui travaillent sur les lignes suburbaines sont déjà au taquet. Ils n’attendent plus que de connaître le montant des nouveaux tarifs de l’essence et du gasoil pour fixer les nouveaux prix du ticket de taxi-be.

L’idée d’une hausse à 100% du prix du ticket de bus est avancée. Les transporteurs préviennent déjà que peu importe le taux de hausse des tarifs à la pompe, ils vont revoir à la hausse le prix de la place dans les taxi-be. La question de la compensation ou subvention à accorder aux opérateurs des transports publics fait ainsi partie des inconnues dans l’équation complexe que l’Etat doit résoudre. Il faudra aussi anticiper la hausse d’autres produits, surtout les Produits de première nécessité (PPN).

Les services de renseignements soupçonneraient certains opérateurs dans le PPN d’être tentés par la spéculation. Par ailleurs, les négociations entre le pouvoir et les pétroliers sont rudes. La situation est telle que c’est Andry Rajoelina, président de la République, lui-même, qui conduit les débats avec les pétroliers sur les nouveaux prix à appliquer au carburant. L’Etat table sur une hausse graduée. Son vis-à-vis veut que la vérité des prix soit tout de suite appliquée. Ce qui risquerait de bouleverser tout le tissu économique du pays, avec des conséquences sociales importantes. Les différents scénarii au niveau mondial, concernant la hausse du prix du carburant, ne sont cependant pas rassurants. Ramener en ariary, les prix à la pompe dans certains pays africains atteignent des sommets. Aux Seychelles, l’essence est à plus de 8 000 ariary le litre. En France, les prix à la pompe dépassent les 2 euros. Le pouvoir appréhende, du reste, qu’à la conjugaison de la conjoncture socio-économique, s’ajoute un contexte politique de plus en plus tendu.

Déminer les foyers de tension

Outre la question épineuse de la hausse du prix du carburant qui devrait connaître son dénouement ce mois-ci, l’Etat doit également solutionner les différentes revendications qui bousculent la paix sociale. La grève au ministère des Affaires étrangères, par exemple, est en train d’avoir des répercussions sur la bonne marche des relations diplomatiques de Madagascar. Des dossiers portant sur le financement de projets sociaux d’envergure seraient en standby,en raison de la grève générale des syndicats du personnel au ministère des Affaires étrangères. Des questions d’indemnités et avantages sont, en partie, les raisons de la revendication sociale au sein du siège de la diplomatie malgache. Des revendications affirmées par d’autres entités, comme les internes en médecine qui font grève aussi depuis lundi. Ces derniers réclament que la hausse de 13% des salaires des fonctionnaires soit appliquée à leur indemnité mensuelle. Après une légère accalmie, la tension est de retour au sein des universités à cause d’un nouveau problème dans le paiement des bourses d’étude. La digitalisation de l’allocation mensuelle des bourses est pratiquement terminée, seulement, les approximations techniques créent des confusions au moment des paiements, lorsqu’il n’y a pas de retard. Le problème de paiement des salaires du personnel administratif et technique de l’université d’Antananarivo n’est pas encore résolu, également.

Le cas du personnel administratif et technique des universités devrait être solutionné par la mise en œuvre de la loi de finances rectificative. Une ligne budgétaire pour leurs honoraires y est inscrite. Le paiement des salaires du personnel d’entités rattachées à certains ministères accusent aussi des mois de retard. Selon les explications, la cause serait que des procédures d’audit sont en cours, ou que des réformes de statut et des dossiers budgétaires sont toujours en attente de validation.

Des décisions politiques audacieuses s’imposent pour que le choc de la hausse du prix du carburant ne soit pas trop brutal, mais aussi, pour déminer les foyers de tension actuelle. Il y a les éventuelles conséquences politiques, ce que certains acteurs anticipent déjà, visiblement. Ce qui expliquerait les sorties publiques et médiatiques fréquentes de politiciens, d’entités politiques et de probables prétendants à l’élection présidentielle, ces derniers jours. Dans l’immédiat, la priorité est de préserver la paix sociale.

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