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Rencontre internationale sur la vanille – Le prix de 75 000 ariary soutenu par les acheteurs étrangers

Les ministres Edgard Razafindravahy et Rindra Rabarinirinarison face aux acheteurs internationaux de vanille, le 4 juillet à Paris.

La première rencontre internationale sur la vanille tenue à Paris a été positive à tous points de vue. Les mesures prises par l’Etat ont été comprises par les clients étrangers.

Un grand pas. L’Etat à travers le ministère de l’Indus­trialisation,du commerce et de la consommation et le ministère de l’Economie et des Finances, a franchi une étape importante dans la remise sur orbite de la vanille à l’issue de la Rencontre internationale tenue à l’ambassade malgache à Paris le 4 juillet. Une rencontre dont l’objectif était d’expliquer les tenants et les aboutissants du commerce de la vanille aux acheteurs étrangers en particulier. Beaucoup d’efforts ont été entrepris par l’Etat pour remettre la vanille à sa place sur l’échiquier international. Le prix de la vanille a dégringolé depuis quelques années à cause d’une désorganisation de la filière et de l’anarchie qui règne sur le marché de l’exportation. L’Etat, sur avis du Conseil national de la vanille, a ainsi fixé le prix plancher du kilo de la vanille verte à 75.000 ariary et le prix plancher Fob à l’exportation à 250 dollars le kilo.

La réunion de Paris servait donc à expliquer aux acheteurs internationaux le sens de ces mesures. Et les acheteurs étaient venus en masse puisque la grande salle de l’ambassade malgache a été bondée. La plupart des acheteurs étaient présents.

D’emblée le ministre de l’Industrialisation, du commerce et de la consommation, Edgard Razafindravahy est allé droit au but en soulignant qu’au début de la chaîne se trouvent les producteurs. «La question des conditions de vie de ces producteurs doit faire partie de nos préoccupations et je ne me tromperai pas en disant que vous partagez cette préoccupation» a-t-il déclaré. Il continue son raisonnement. «Un prix minimum de la vanille verte leur permet d’avoir un revenu décent. Ce prix a été fixé à 75.000 ariary le kilo ( soit moins de 20 dollars). Si le paysan produit 100 kilos, cela lui fera un revenu annuel de 2000 dollars soit 167 dollars par mois ou 5,5 dollars par jour. C’est à peine trois fois le seuil de pauvreté absolu fixé par la Banque Mondiale. Vous conviendrez avec moi qu’il ne serait pas acceptable d’aller en dessous d’un tel niveau». Une démonstration claire et nette qui a convaincu l’ensemble de l’auditoire. Son intervention a été renforcée par les témoignages poignants du député élu à Sambava, Norbert Mamangy lui même membre du CNV à titre de producteur, fervent défenseur des intérêts des planteurs qui a tenu à faire le déplacement à Paris. Le député de Sambava a interpellé les acheteurs étrangers sur l’importance du prix à 75.000 ariary pour les planteurs. Un message visiblement bien capté par l’assistance étant donné que cela fait partie des responsabilités sociétales des entreprises internationales.

Le ministre Razafindravahy a bétonné son argument. «C’est une question d’équité. La juste répartition de la valeur est au cœur de notre démarche. Il est important que tout le monde comprenne comment le prix minimum à l’exportation a été fixé et en quoi il est corrélé avec le prix minimum d’achat de la vanille verte. Ce que nous voulons, c’est un commerce fondé sur le respect et la transparence, c’est un commerce équitable» a-t-il asséné.

Mais comment faire pour faire respecter ces prix étant donné qu’il y a toujours des resquilleurs ? Eh bien l’Etat s’est donné les moyens de ses ambitions. «Le CNV sera financé principalement par une participation des exportateurs à hauteur de 4 dollars par kilo exporté. Cette participation, obligatoire, et dont le paiement est une des conditions d’octroi de l’agrément d’exportation, permettra de financer les moyens de contrôler sur le terrain l’application des règles à travers le déploiement d’effectifs conséquents mais aussi l’investissemen t dans du ma tériel de surveillance et de contrôle» a rassuré le ministre Razafindravahy. Il a été d’ailleurs très ferme dans sa déclaration. « Ceux qui trichent seront exclus de la filière. Ceux qui ne respectent pas le prix de 250 dollars minimum seront sanctionnés y compris pénalement.»

Un nouveau départ a été donc pris à Paris pour la vanille. La campagne d’achat de la vanille verte dans les régions Sava et Analanjirofo qui s’ouvre le 7 juillet s’annonce ainsi sous un parfum séducteur.

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