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Loi de finances rectificative – Le grand oral des ministres devant le Président

Le  Conseil  des  ministres  s’est  mué  en  un  examen  oral.

Le projet de loi de finances rectificative devrait être bouclé prochainement. Avant la finalisation du texte, chaque ministre a dû défendre l’estimation budgétaire de son département, devant le chef de l’État.

L’EXÉCUTIF s’active afin de boucler le projet de loi de finances rectificative (LFR). Avant l’adoption du texte par le conseil des ministres, toutefois, Andry Rajoelina, président de la République, aurait décidé de faire passer, préalablement, une épreuve orale à chaque membre du gouvernement.

Selon les informations, depuis le conseil des ministres de mercredi, le projet de LFR est au centre des séances de travail de l’Exé­cutif. L’initiative présidentielle de requérir un exposé oral des membres du gouvernement est probablement pour accélérer la finalisation de la confection du texte.

L’exposé oral fait par chaque membre de l’équipe de Christian Ntsay, est confirmé par la ministre Lalatiana Rakotondrazafy Andriantongarivo, porte-parole du gouvernement.

Tout se joue en conseil des ministres, indique la ministre de la Commu­nication et de la Culture. « Chacun s’évertue à défendre son programme et le budget nécessaire pour le concrétiser », ajoute-t-elle. Bien qu’il ne s’agisse pas d’une évaluation des performances de chaque département, cette épreuve orale pouvait permettre au Président d’avoir une idée du dynamisme de chaque ministre. Les membres du gouvernement ont expliqué au chef de l’État comment leur département a dépensé le budget alloué l’année dernière.

Pour les ministres déjà en poste depuis l’année passée, exposer ce qui a été fait sur la base de la loi de finances 2019, semble être un paramètre pris en compte pour obtenir le feu vert aux projets et l’estimation budgétaire annoncés dans le projet de LFR. Requérir un speech de chaque ministre serait, surtout, dans l’objectif de s’accorder sur l’ordre d’importance des projets à inscrire dans le projet de LFR.

« Velirano » et redressement

Crise sanitaire oblige, l’administration est contrainte de revoir ses priorités. Toutes les intentions des départements ministériels ne pourront, visiblement, pas être supportées par le budget public. Devant le Sénat, mardi, Christian Ntsay, a déclaré qu’à cause de la conjoncture, les caisses de l’Etat accusent un manque à gagner de 2 000 milliards d’ariary.

Face à la Chambre basse, le 28 mai, le Premier ministre a, toutefois, soutenu que le texte budgétaire rectificatif ne tranchera pas avec la vision présidentielle. Il a ainsi souligné que « la vision du président de la République, selon laquelle, le développement sera palpable dans chaque district, est la base de toute notre démarche (…) d’ici la fin de l’année, des projets d’infrastructures démarreront dans chaque district ».

Présentant son rapport d’activité aux députés, mardi, Tianarivelo Razafimahefa, ministre de l’Intérieur et de la décentralisation, a affirmé l’idée « d’élever à 5 milliards d’ariary », le budget de chaque gouvernorat. « Je requiers votre indulgence, vous à l’Assemblée nationale », a déclaré le membre du gouvernement.

Les cogitations sur le projet de LFR au sein de l’Exé­cutif, coïncident avec une période où les ministres ont, à tour de rôle, présenté leur rapport d’activité au Sénat et à la Chambre basse.

Des ministres ont profité de leur passage devant les députés et les sénateurs pour plaider directement, ou indirectement, en faveur de certains projets à inscrire, probablement, dans le projet de LFR. Le mot d’ordre affirmé aux membres du gouvernement dans l’élaboration des estimations budgétaires des ministères, serait, cependant, « de sucrer les dépenses superflues. Les moyens seront, en effet, essentiellement orientés sur le redressement économique et social ».

Avoir des résultats probants avec des moyens limités serait ainsi, le challenge qui s’impose à chaque département ministériel. À entendre, néanmoins, les discours des membres de l’Exécutif de ces derniers jours, le président de la République cherche à concilier la concrétisation ou la mise œuvre d’une partie de ses « Velirano », et le redressement économique et social.