A la une Economie

Emploi – Huit mille employés au chômage

Les  petites  industries  sont  parmi  les  premières à  se  séparer  de  leurs  collaborateurs.

Les résultats d’enquêtes sur les impacts du covid-19 sur les entreprises viennent d’être publiés par l’EDBM. Les petites entreprises sont les plus touchées.

Résultat sans appel. La cellule de veille économique et stratégique de l’Economic Development Board of Madagascar (EDBM) vient de publier son résultat d’enquête portant sur les impacts du covid-19 au niveau des entreprises privées.

D’après l’EDBM, près de huit mille quatre cent quarante-neuf employés ont été mis au chômage. Le textile, les TIC, les prestataires de service, les acteurs du tourisme ainsi que l’agribusiness sont les secteurs les plus impactés. Sur cent soixante-dix-neuf entreprises enquêtées entre le 17 et le 28 avril, cent douze sont restées ouvertes, soixante-quatre ont dû recourir à une fermeture temporaire tandis que trois d’entre elles n’ont eu d’autres alternatives que la fermeture définitive.

Ces résultats seront donc utilisés pour déterminer les actions à entreprendre par l’EDBM, en termes d’analyse, de planification et de facilitation, afin de soutenir au mieux le secteur privé pendant et après cette crise sanitaire COVID-19, dans le cadre de sa mission officielle dite «Aftercare Service ». Le désastre économique de la pandémie se fait ressentir lourdement sur tous les secteurs sans exception.

Insoutenable

À l’instar du secteur touristique qui, selon la confédération du tourisme « perd un peu moins de deux mille milliards d’ariary en cette période de pandémie sans compter les quarante- quatre mille emplois directs et trois cent mille emplois indirects sont affectés.» La majorité des entreprises subissent une perte de plus de 25% par rapport à leurs performances de l’année dernière en termes d’écart de marge financière.

Parmi ceux qui se retrouvent le plus en péril, l’EDBM affiche une majorité de petites entreprises ayant, entre, une dizaine et une cinquantaine de collaborateurs. « Nous avons un peu plus d’une centaine de salariés, nous pensons recourir au chômage partiel car la période est compliquée. Ce ne serait pas soutenable pour eux. Raison pour laquelle, on essaie de maintenir un minimum d’activités pour couvrir une partie des frais fixes comme les loyers. Les premiers jours, certains employés ont joué le jeu et ont pris des congés. À partir de la semaine prochaine, cela va être plus compliqué » explique le chef d’une entreprise textile dans l’Atsimondrano.

« Dès que le téléphone sonne, c’est pour une annulation. On ne parle même plus de report. Nous venons tout juste de perdre la prestation pour un congrès d’une centaine personnes qui devait se dérouler la semaine prochaine. Je n’ai jamais connu une telle crise. Le carnet de commandes est à l’arrêt. La trésorerie fond comme neige au soleil. Difficile d’avoir une visibilité au-delà d’un mois» déplore un traiteur de la capitale.

Après avoir souffert d’une baisse de 25 % de son chiffre d’affaires, ce prestataire s’apprête désormais à subir une perte de 60 %. L’entrepreneuriat à tous les niveaux subit ces contraintes. Quasi-insoutenable pour les micro et moyenne entreprises, la crise est plus ou moins mitigée chez les grandes enseignes ayant plus d’un millier de collaborateurs.