Faits divers

Opération militaire à Isandra – Un mois d’assauts meurtriers

Les opérations militaires continuent à battre leur plein dans les zones à risque

Des morts et des maisons calcinées tel est le bilan d’une opération mixte menée par les forces armées. Trois villages ont levé les drapeaux blancs.

Les forces de défense et de sécurité ont pris le contrôle de trois localités identifiées comme étant des retranchements de hordes de dahalo les plus redoutées du district d’Isandra à Fianarantsoa. Depuis maintenant près de cinq semaines, les forces armées ont pris le contrôle des villages de Vatolava, Ambaladera II et Mahazo­arivo au prix de plus d’une dizaine de morts dont huit corps identifiés, ainsi qu’une trentaine d’arrestation.

L’opération est néanmoins chahutée. « Des civils ont été sommairement exécutés, des villages incendiés par les militaires et des pillages perpétrés », tonne un proche des habitants des villages où des nombreuses habitations ont été rasées par les flammes. Le déploiement opérationnel a été lancé depuis près de deux mois et demi et des affrontements meurtriers ont duré quatre semaines.

La formation qui mène l’opération est constituée de trois cent cinquante militaires conduits par un général, outre des gendarmes de la circonscription inter-régionale de Fianarantsoa, des éléments des forces d’intervention de la gendarmerie nationale au Fort Duchesne, des commandos issus du commandement des formations spécialisées à Ivato ainsi que des hommes des forces d’intervention de la police.

« Lors de la première phase de l’opération, la gendarmerie, première entité mobilisée a fait tout son possible pour pénétrer la zone mais en vain. Les dahalo retranchés étaient en supériorité numérique et dominaient de surcroît le terrain. Dans cette guérilla sans merci, ils sont allés jusqu’à creuser des tranchées sur les routes pour empêcher la progression des véhicules de transport de troupes ainsi que l’acheminement de matériel. Il a fallu l’entrée en scène de l’armée malgache, articulée d’un renforcement de l’arsenal utilisé pour renverser la vapeur et briser ainsi la résistance », ajoute-t-il.

Traque individuelle
La guerre d’usure a duré un long mois. Dans les rangs des retranchés, des pertes se chiffrant entre deux et trois hommes étaient quasi-quotidiennes selon les informations communiquées. Aucune mort n’est en revanche signalée dans les rangs des forces de défense et de sécurité.
Alors que ces dernières avançaient inexorablement en début mai, les hordes d’individus équipés d’armes de guerre ont fini par hisser les drapeaux blancs pour quitter les lieux. Une poignée de civils, en l’occurrence des femmes et des enfants étaient sur place lorsque les forces mixtes ont libéré les villages en question.
« Ces groupes armés désertent certes les lieux mais ils n’ont pas rendu les armes de guerre en leur possession. Ils sont pour l’instant disloqués. Nous avons la certitude qu’ils vont se réorganiser et revenir à la charge. La traque se poursuit de ce fait », conclut pour sa part un officier-supérieur au sein de l’armée
malgache.
De tous les districts de la région Haute Matsiatra, un taux d’insécurité est élevé et enregistré à Isandra, Ikalamavony et Ambohi­mahasoa. Le maintien du déploiement armé y est annoncé.

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