Océan indien

Energie – La Réunion abandonnera le charbon en 2023

Les centrales thermiques du Gol et de Bois Rouge brulent chaque année 500 000 tonnes de charbon.

Abandon du charbon au profit du bois, d’ici quatre ans. À cette date, La Réunion produira environ 60% d’électricité à partir d’énergie renouvelable.

La révolution est en marche. Les deux centrales thermi­ques de l’île qui produisent la moitié des besoins en électricité s’apprêtent à abandonner le charbon. Chaque année, ces deux centrales situées au Gol et à Bois Rouge brûlent cinq cent mille tonnes de charbon de pierre. Adossées aux usines de cannes à sucre de Téréos, elles utilisent également la bagasse comme source de production.
Elles vivent ainsi dans une sorte de symbiose qui leur permet d’utiliser la bagasse issue de la canne pour fournir en retour de l’électricité aux deux usines et répondre aux besoins de la Réunion. Mais la production de bagasse est finalement minime. Elle permet de couvrir un peu plus de 10 % des besoins en électricité du département.
Même pendant la campagne de cannes, le charbon reste d’actualité.

Le coût du CO2 s’envole
Mais cette énergie fossile n’a plus vraiment la cote. Si Albioma, le propriétaire des deux usines, décide de l’abandonner, c’est autant pour répondre à une volonté politique que pour des raisons économiques. Lors de la campagne des présidentielles, Emmanuel Macron avait promis d’abandonner le charbon comme source de production d’électricité. Brune Poirson, la secrétaire d’État à la Transition écologique, a confirmé cette volonté en mars dernier en fixant une date limite : fin 2022.
La Réunion aura donc une année de retard. Les raisons économiques pèsent aussi pour beaucoup dans la décision d’Albioma. Les rejets de CO2 sont lourdement taxés. La taxe a quadruplé pour passer de 5 euros la tonne à 20 euros.

À terme, ce tarif pourrait passer à plus de 70 euros selon des estimations relayées par Pascal Langeron, responsable activité d’Albioma à la Réunion et Mayotte.
Or, avec 2 tonnes de CO2 émises par tonne de charbon brûlé (de nombreux filtres permettent de respecter les normes de qualité de l’air), la note est salée en fin d’année. La combustion du bois émet autant de CO2 par tonne brûlée. Mais il est considéré comme une source d’énergie renouvelable et n’est donc pas taxé…

© JIR

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