Régions

Actes de violence à Toliara II  – Des notables dénoncent la déformation de la vérité 

Les notables des trois villages victimes de violences, lors d'un point de presse, hier.

Des voix se font entendre à l’heure actuelle, contre certains groupes de personnes, à minimiser les raisons  qui ont poussé des individus à s’attaquer à des biens communautaires dans le district de Toliara II.

Deux attaques successives contre trois villages de la commune d’Ankilimalinka, le 17 avril et le 2 mai, ont ravagé des infrastructures communautaires ainsi que des biens appartenant à la société Base Toliara. Elles suscitent encore des questions parmi la population et parmi ceux qui sont touchés de près ou de loin par le projet d’extraction minière dans cette zone. Et ce, à cause des versions des faits données par certaines organisations non gouvernementales concernant cette affaire.
Les villages d’Antsilo, de Tsafanoke et de Ranobe ont été attaqués par des groupes de personnes qui ont provoqué de nombreux dégâts. Des infrastructures communautaires érigées dans ces fokontany comme les châteaux d’eau ont été saccagés sinon détruits à tort ou à raison par des groupes d’individus, car ces infrastructures ont été financées par la société minière, dans le cadre de son engagement social envers ces communes impactées par le projet. Des violences qui, normalement, ne devaient plus avoir lieu à la suite du protocole d’accord signé entre les parties prenantes durant le passage de six membres du gouvernement à Toliara, le 26 avril. À la suite de cette violence incommensurable, neuf personnes ont été arrêtées et mises en détention provisoire à Fianarantsoa, en attente de leur procès. Elles sont accusées d’avoir détruit volontairement des biens communautaires et privés.

Toutefois, à la suite de ces arrestations, les mêmes ONG sont aujourd’hui en train de justifier, à travers les médias et les réseaux sociaux, les raisons légitimes qui ont poussé ces gens à verser dans des actes déplacés. Selon eux, les habitants qui se sont exprimés dans cette logique de violence, n’ont fait que défendre leurs terres et leurs droits. Face à ces allégations, des notables qui habitent dans les fokontany victimes de ces actes barbares, ont souhaité apporter des éclaircissements sur ce qu’ils qualifient « d’incessantes contre-vérités balancées à tout-va ». Mais surtout pour corriger les approximations voire les mensonges, afin de mieux informer l’opinion publique sur cette douloureuse affaire qui a secoué cette partie de la région Atsimo-Andrefana, il y a quelques mois.

Intolérable
Selon le président du fokontany de Ranobe, David Ramanoely, ces violences extrêmement graves qui ont ciblé la société minière et les trois villages sont inexcusables.

Il s’interroge même sur les manœuvres de ces responsables environnementaux qui ont tendance à occulter l’évidence sur cette affaire, dans le but de vouloir protéger à tout prix les coupables. « Cette tentative de manipuler la vérité par certains groupes de personnes, est une véritable offense pour les villageois encore meurtris par ces actes de violence », indique-t-il. Et de poursuivre : « L’agissement de ces quelques ONG prouvent qu’elles sont de connivence avec ceux qui ne veulent pas que notre commune s’oriente vers le développement », martèle-t-il.

Toujours dans cette logique, Liasy dit Redeboke, un notable bien connu à Benetse dans la commune d’Ankilimalinika, a lui aussi insisté sur le fait qu’il est inconcevable de nos jours de dissimuler la vérité pour détourner l’opinion publique, afin de blanchir ces ennemis de leur commune.

« Je suis abasourdi par le comportement de ceux qui prétendent défendre les intérêts de la nature et de la région toute entière, alors que toute la lumière doit être faite sur cette affaire intolérable et inacceptable », tonne-t-il. Il a conclu que « même si on essaye de fausser la vérité, toute une population retiendra que des actes criminels contre les infrastructures dont bénéficie notre fokontany ont été commis par des barbares minoritaires issus de villages voisins pour des raisons personnelles. Et que la justice se fasse ! »

Francis Ramanantsoa

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