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Déstabilisation – L’Exécutif en croisade

Les tournées présidentielles de la semaine dernière ont semblé être une campagne pour la stabilité. À mi-mandat, toutefois, les résultats du pouvoir peinent à convaincre.

Tous au front. Hery Rajao­nari­mampianina, président de la République, a multiplié les tournées nationales, la semaine dernière, avec dans sa suite quelques ministres. Que ce soit le chef de l’État ou les membres du gouvernement qui ont pris la parole durant les cérémonies officielles, le message martelé a été « sans apaisement et stabilité, point de développement ».
Dans un contexte tumultueux animé par des informations sur des tentatives de « coup d’État », le locataire d’Iavoloha et les membres de l’Exécutif ayant composé sa délégation ont, visiblement, profité
de ses tournées d’inauguration pour marteler leur réponse à ceux qu’ils considèrent comme des « déstabilisateurs ». Des contre-attaques largement reprises sur les médias nationaux. Dans les discours, le risque que l’instabilité douche les engouements internationaux à investir à Madagascar a, une nouvelle fois, été repris.
Lors des séries d’inauguration dans le Sud-Ouest, à Toamasina et Manakara, les nouvelles infrastructures ont été mises en avant comme la concrétisation de la politique de développement du pouvoir. Ce fut aussi l’occasion de montrer l’image des résultats du partenariat public-privé et de la confiance de la communauté internationale regagnée.
« Ce pont reflète la vision du développement véhiculée par le pouvoir, solide, durable et un héritage pour les générations à venir (…) ». « Le développement nécessite la stabilité et l’apaisement, (…) rien que pour les négociations avec les bailleurs, la préparation et même la construction il faut du temps. Cela ne se fait pas en un jour ». « Les bailleurs ne s’engagent que lorsqu’ils ont l’assurance que la population est derrière les dirigeants ». Tels sont quelques phrases martelées par le Président dans ses tournées de la semaine passée.
Option
Respecter l’alternance démocratique par le biais des élections a, aussi, été tambouriné durant ces sorties inauguratrices. Les putschs ayant été donnés comme l’explication de la pauvreté chronique à Madagascar depuis son indépendance. À Toamasina, même le général Béni Xavier Rasolofonirina, ministre de la Défense nationale a pris part à la campagne « stabilité », de l’Exécutif.
À deux reprises, d’abord, dans son allocution pour l’inauguration de la 4e unité du corps de protection civile, vendredi, et ensuite, en marge d’une cérémonie de passation de commandement, samedi, l’officier général a soutenu : « Madagascar et ses citoyens ne méritent plus de vivre une nouvelle crise ». Faisant écho aux renseignements indiquant des intentions de « coup d’État », le ministre appelle les politiciens à ne pas « tenter de corrompre et utiliser les militaires ».
Face à la situation, l’Exécutif martèle, aussi, qu’il est ouvert au « dialogue ». Un appel qui pourrait sonner creux chez ses « opposants ». « Nous avons appelé au dialogue depuis longtemps, même la HCC [Haut cour constitutionnelle] a privilégié le dialogue en recommandant le pacte de responsabilité, mais pourquoi donc, ne l’a-t-il pas respecté   », a déclaré le député Brunel Razafitsian­draofa, sur une chaine privée de la capitale, hier.
Sur son page Facebook, le parti « Hiaraka Isika », oppose une fin de non-recevoir à l’appel présidentiel en arguant : « Nous et l’Armada [Alliance républicaine de Madagascar] avons proposé le dialogue à maintes reprises, mais en vain, alors ce n’est que maintenant où il sent que la situation est critique que le Président prend conscience que le dialogue est nécessaire ».
En demandant du temps pour le développement, le locataire d’Iavoloha détonne avec le challenge posé par Olivier Solonandrasana Mahafaly, Premier ministre, dans son discours-programme devant le Parlement. Ce dernier a tablé sur les répercussions positives de la politique étatique
sur chaque ménage « en six mois ». Pour l’heure, la situation socio-économique asphyxie les ménages et ne permet aucune projection. L’urgence d’une conjoncture propice à l’instabilité motive les demandes de
« la démission », du chef de l’État. Une option constitutionnelle avec comme finalité les élections.

Garry Fabrice Ranaivoson

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